Entête

DIATRIBE D'AMOUR CONTRE UN HOMME ASSIS

 

La Scierie
15 boulevard Quai St Lazare
84000 Avignon

Jusqu’au 25 juillet

à 18h05

Relâche le 24 juillet

loupe 

 

Pour écrire ce texte, Gabriel García Márquez a plongé sa plume dans la lie boueuse qui s’accumule parfois, au fil des années, dans les vieux couples. Secrets, trahisons, tromperies finissent un jour par déborder du silence où l’homme et la femme ont préféré les condamner. Il suffit alors d’un rien pour que l’apparence du bonheur explose. Alors, les blessures parlent enfin.

C’est la 35ᵉ année de leur mariage, de leur bonheur, de leur vie réussie dans le gratin du pays. Les noces de rubis ! Un anniversaire grandiose, digne d’un empereur romain, qui réunit plus d’un millier d’invités. Les personnes les plus influentes sont là, à dévorer les kilos de caviar et la cinquantaine de bœufs de Kobé arrivés directement du Japon. La réussite. « Tous ceux qui comptent dans le pays et à l’international… sauf les pauvres, évidemment ! » dit-elle.

C’est elle, interprétée par Catherine Alias, qui laisse soudain son cœur éclater à l’apogée de leur vie de couple. Elle va faire en direct le deuil de cette vie, et en réalité de presque toute sa vie. C’est là la délicatesse du spectacle : cette danse hésitante et maladroite de celle qui ne peut envoyer aux ordures ce mari trompeur et hautain, comme sa classe sociale le lui permet, sans s’y envoyer elle-même.

Les mots de García Márquez jonglent entre cette colère, cet amour restant, cette douleur. La dimension sociale est omniprésente dans ce mariage entre un aristocrate héritier des colons européens et cette jeune fille originaire des quartiers pauvres. L’histoire prend place à l’aube d’un mercredi 3 août, une date qui n’est pas choisie par hasard : le 3 août 1492, Christophe Colomb mettait les voiles vers le Nouveau Monde. Une référence explicite à la colonisation espagnole, dénoncée à travers le texte. Le nom du personnage masculin, Jaraiz de la Vera, porte lui aussi cette charge historique, évoquant une dynastie au passé contestable.

Catherine Alias s’empare de ce personnage avec une vérité absolue. La sincérité de son jeu permet au texte de García Márquez de toucher à la fois le sensible et l’envie de révolte que chacun porte en lui.

Bruno Fougniès

 

Diatribe d'amour contre un homme assis

Texte de Gabriel García Márquez – Prix Nobel de Littérature
Traduction Ricardo Montserrat

Jeu Catherine Alias

Voix speaker radio Jean Pierre Burlet
Studio MGO Gérard Thouret
Dramaturgie Jean Ribault
Visuel Marie Gastou

Saxophone Patrick Licasale - Aurélia Talvez

Son et lumières Jean Louis Larcebeau