FREUD, DERNIER COMBAT
Studio Hébertot
78 bis bd des Batignolles
750017 Paris
Jusqu’au 10 octobre 2026
Les jeudis, vendredis et samedis à 19h
Photo : Pascal Gély
Freud, dernier combat, 1934, Vienne
Ou l’exaltation d’une complicité torturée par les élans de la psychanalyse.
Que de torpeur, de non-dits et d’interdits explorés.
La détresse et le désespoir de ces individus de ne pas avoir su vivre et agir pleinement résonnera dans le cœur de chacun, donnant à réfléchir sur le comportement des uns vis-à-vis des autres.
Vaste combat que celui de l’existence.
Se présentant, l’un tel le sosie et interprète rayonnant de Sigmund Freud, l’autre telle Anna, la dernière fille du psychanalyste, c’est avec talent qu’Hervé Duboujal et Moana Ferré font écho de l’existence de ces deux êtres complexes et traumatisés.
Cette histoire d’amour paternel et filial puissant entre un père et sa fille ne pourra que fasciner et intriguer le spectateur.
Conduit à faire le bilan de son existence, car se sachant comdamné à mourir à cause d’un cancer de la mâchoire, Freud, accompagné et soigné par sa fille Anna, s’interroge : mais quel a donc été le sens de son existence ? Qu’a‑t‑il réussi à mettre en place et à résoudre au cours de sa vie ?
Alors même qu’il réfléchit à son parcours et à ses ambitions, à la raison d’être de ses désirs et de ses envies, à ses réussites mais aussi à ses échecs, voilà qu’arrive Anna pour le soigner.
S’ouvre alors un échange sur la qualité et les zones d’ombre de leur relation.
Il est vrai que Freud aime profondément sa fille, du moins c’est ce qu’il affirme. Mais Anna, dans les échanges tenus avec son père, lui reproche de l’avoir toujours considérée et traitée comme une patiente malade, et d’avoir privilégié son analyse, faussant la nature saine et originelle de leur relation.
Ce reproche conduit alors Freud à se justifier et à mettre en avant toute la tendresse et l’amour qu’il pouvait avoir pour elle.
C’est en croyant bien faire, en voulant comprendre sa fille parce qu’il la voyait souffrir et aller mal, qu’il l’a enjointe d’effectuer sa psychanalyse. Mais Anna conteste et remet en question sa posture et son attitude. N’aurait‑il pas dû s’arrêter plus tôt ? N’a‑t‑il pas dépassé les limites du tolérable en la conduisant à se faire analyser par lui durant toute sa vie, à vouloir connaître ses tabous sans réellement tenir compte d’elle, sans chercher à l’écouter et à la comprendre véritablement ?
Que de questions ouvertes qui restent jusqu’ici en suspens. Trouveront‑elles enfin réponse.
Aurélie Courteille
Freud, dernier combat
De Aude de Tocqueville et Jean-Marie de Sinety
Mis en scène par Hervé Dubourjal
Avec Moana Ferré et Hervé Dubourjal
Décors : Emmanuelle Verani
Costumes : Sandrine Weill
Lumières : Jean-Marie Prouvèze
Vidéo : Jean Allevato
Son : Abdellah Souni
Production : Compagnie TRANSFERT
Mis en ligne le 15 septembre 2026
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