VOUS QUI PASSEZ SANS ME VOIR
Théâtre Essaïon
6 Rue Pierre au Lard,
75004 Paris
Jusqu’au 26 septembre 2026
vendredi et samedi à 19h.
En off, on entend une voix… théâtrale, et pour cause puisqu’on pourrait y reconnaître Othello. On fête, apprend‑on, la 300ᵉ de la pièce.
Une femme est en scène. Elle furète, explore cette loge évoquée sommairement.
Quand le personnage masculin entre, on devine l’acteur. Gagné, il l’est.
Ce début est classique : un homme, une intruse. Qui est‑elle, que veut‑elle ?
Sous prétexte qu’elle est comédienne amateur, ils vont « jouer » quelques scènes. — Allez, une de plus ? — Une de plus.
On se demande où l’auteur veut en venir.
Et puis, après des circonvolutions, sonne l’heure des révélations. Il a été, bien avant, padre à Rio. Pendant la guerre, ce qui situe la pièce dans les années 70.
Là, l’homme a fort bien connu Hélène, la sœur de Marie, la visiteuse. On frôle le mélo, et la suite le confirme : malgré sa soutane (et ses vœux), il est tombé amoureux d’Hélène. Mais il a poussé la bonne conscience jusqu’à la présenter à un jeune Allemand, Hans.
Nous ne révélerons pas, bien sûr, la fin de la pièce.
Que dire de cette histoire ?
Qu’elle est curieusement décalée, datée presque, ce qui surprend quelque peu. La mise en scène est classique, sans surprise, adaptée au texte…
Il y a, heureusement, quelques beaux moments dans le texte : dans l’évocation de Rio en temps de guerre et surtout dans la passion du « père abbé » pour cette paroissienne.
Des finesses d’interprétation, dues aux deux interprètes : Béatrice Biessy est intrigante, virevoltante, mutine parfois, puis tendue vers son but, faire éclater la vérité. Yves Chambert‑Loir, triomphant au début, laisse peu à peu se lézarder son personnage.
Ils sont tous les deux au diapason de leurs rôles et de la pièce.
Gérard Noël
Vous qui passez sans me voir
Texte : Sébastien Biessy
Mise en scène : Sébastien Biessy
Avec : Béatrice Biessy, Yves Chambert-Loir
Mis en ligne le 2 septembre 2026
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