ALEXIS CHEVALIER – GRÉGOIRE ROQUEPLO

 

Au Festival Off d'Avignon
Théâtre Pixel Bayat

 

Alexis Chevalier et Grégoire Roqueplo loupe 

Alexis Chevalier et Grégoire Roqueplo, bonjour et bienvenue sur Regarts.org, tout d’abord pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Bonjour et merci de nous recevoir ! Je suis Grégoire Roqueplo, je suis comédien et j'ai eu le bonheur et l'immense chance de rencontrer Alexis Chevalier il y a quelques années dans un cours de théâtre. Nous avons rapidement travaillé ensemble et éprouvé un très grand plaisir à jouer l'un avec l'autre. On s'est découvert aussi une sensibilité commune, on ne se quitte plus depuis !

À l’affiche de « Ceci n’est pas une saucisse » au Théâtre Les Déchargeurs et en juillet au Festival Off Avignon 2023 au Théâtre Pixel-Bayaf, qu’est qu’une comédie burlesque ?

Oui, je pense qu'on peut dire que Ceci n'est pas une saucisse est vraiment une comédie burlesque et surréaliste aussi dans la mesure où la proposition est, je crois, déroutante, surprenante, décalée et poétique également !

Quel en a été le point de départ ?

Il faut savoir qu'avec notre duo, Guigue & Plo, nous avions créé un premier spectacle, Ici et là, que nous avions joué un peu plus de 300 fois si je ne dis pas de bêtises. Nous avons beaucoup évolué avec ce spectacle, dans notre rapport l'un à l'autre et aussi dans l'écriture ! Et ce chemin parcouru nous a donné envie de nous lancer dans l'écriture d'un deuxième spectacle pour continuer à développer notre univers et le renforcer aussi... Le confinement a clairement accéléré ce processus et nous a donné l'envie de nous interroger sur notre utilité au monde en tant que comédien.

Vous interprétez Guigue et Plo, qui sont-ils ?

Guigue est un directeur de théâtre désabusé qui ne croit plus dans le spectacle vivant. Il veut transformer son théâtre en chambre froide géante pour en faire un lieu vraiment essentiel. De son côté, Plo est un comédien désœuvré qui ne travaille pas et qui dort dans ce théâtre. Et Guigue cherche à le chasser. Ces deux personnages sont singulièrement différents mais ils ne peuvent pas évoluer l'un sans l'autre.

À travers « Ceci n’est pas une saucisse » vous dressez un constat assez amer de la place de la culture ?

C'est vrai que nous questionnons la place de la culture dans notre société. Le confinement que nous avons traversé a été un temps difficile et en même temps privilégié pour nous poser en vérité cette question : la culture, les artistes et le théâtre sont-ils vraiment essentiels ? Qu'est-ce qui rend le théâtre essentiel ? C'est dans cet esprit que nous avons voulu délivrer ce grand cri d'amour au théâtre !

L’incompréhension de langage entre les deux personnages redéfinit ce qui est et ce qui n’est pas essentiel pour chacun ?

Nous aimons beaucoup jouer sur les incompréhensions qui peuvent naître entre ces deux personnages. À travers ces quiproquos, on se rend compte effectivement que chaque personnage a sa propre échelle de valeur, ce qui est essentiel ou ne l'est pas. Ce qui est aussi très intéressant, c'est quand émerge d'une conversation où règne l'incompréhension, une réalité toute nouvelle, un sens plus profond.

Même si l’histoire se passe après la crise de la COVID, ne pensez-vous pas qu’elle a néanmoins boosté la culture et pour le coup l’a rendue fondamentale dans une société ?

C'est vrai qu'on a de plus en plus de retours de spectateurs qui nous disent à quel point le théâtre est difficilement remplaçable et comme la qualité de la rencontre entre un public et des artistes est quelque chose de rare et d'unique ! Peut-être que cette drôle de période que nous avons vécue a contribué à une prise de conscience.

Cette crise sanitaire que nous venons de vivre que vous a-t-elle apporté ?

Beaucoup de choses ! Mais je retiendrai surtout que cette période a creusé notre envie de créer, de jouer, de vivre.

En vous remerciant si « Ceci n’est pas une saucisse » qu’est que c’est alors ?

Pour le savoir je crois que le meilleur conseil que je puisse vous donner est d'aller vite découvrir le spectacle.  Merci beaucoup à vous !

Propos recueilli par Jean Davy