CHIMÈRE
Petite salle du Théâtre du Soleil,
La Cartoucherie,
Route du Champ-de-Manœuvre,
75012 Paris
07 59 05 59 33
Jusqu’au 17 mai 2026,
du mardi au samedi à 20h,
le dimanche à 16h.
Sollers disait : « Les femmes n’aiment pas les hommes, elles n’aiment pas les femmes, elles aiment les bébés. »
Cette forte parole trouve ici son illustration avec un couple, elle surtout, qui, la trentaine déjà entamée, rêve de procréer. Elle le veut, ce bébé, elle le désire si fort qu’elle va entamer un classique mais douloureux périple pour y arriver : ce chemin passera par des remises en question personnelles, des crises dans le couple et le recours à des traitements dits « fécondants » avant d’en arriver à la FIV.
Le spectacle écrit et mis en scène par Frédérique Voruz est, nous dit-on, fortement autobiographique. Soit. Après le roman, le théâtre donne dans l’autofiction. Pourquoi pas ? Il était social à l’occasion, il devient, et de plus en plus, sociétal.
Ceci ne serait rien si la pièce dépassait le témoignage, avec un accent mis également sur la science, et sublimait tout cela pour devenir objet théâtral. Or, nous en sommes loin. Le début est surprenant : il met en scène une Cendrillon moderne confrontée à une fée plutôt ronchonne, voire maléfique.
Puis le jeune couple, Stella et Neven, paraît sur scène. Il évoque la fertilité… ou non, avec des « c’est toi » et des « non, c’est moi », et l’homme, c’est bien le moins, prend de bonnes résolutions pour améliorer la qualité de son sperme.
Dans l’aventure FIV, on mesure les difficultés, les attentes, les effets sur la « future » mère. Personne ne peut y être insensible. Mais nous ne sommes pas à une conférence du Planning familial, nous sommes au théâtre. Et s’il y a des trouvailles d’écriture ou de mise en scène, notamment une hallucinante scène d’accouchement, le reste est un peu psy, un rien Confession intime, un chouïa complaisant avec ses « mon analyste dit que… », parfois novateur avec des phrases comme « je suis unique de par les cellules de centaines de femmes, mères et grand-mères, qui m’ont précédée et que j’ai en moi ».
L’interprétation est impeccable, signalons-le, et Frédérique Voruz se taille un beau succès dans les rôles de la fée et du Dr Margule.
Un musicien vient, avec bonheur, ponctuer le spectacle.
Que retenir de tout cela ? Une plongée dans un sujet forcément porteur, mais qui aurait pu être traité de façon différente, moins premier degré. L’autrice a voulu mêler les genres, mais pas assez à notre goût.
Est-ce à dire que ce spectacle est principalement destiné aux futurs parents qui peinent à concevoir ? Joker.
Gérard Noël
Chimère
Écriture et mise en scène : Fréférique Voruz
Avec : Salomé Diénis Meulien, Rafaela Jirkovsky, Eliot Maurel, Frédérique Voruz, Yuriy Zavalnyouk
Création sonore, composition et interprétation musicale : Eliot Maurel
Création lumière : Geoffroy Adragna
Assistant à la mise en scène : Alexandre babey
Costumes : Micha Liebgott
Scénographie : Geoffroy Adragna et frédérique Voruz
Conseil création sonore : Thérèse Spirli
Mis en ligne le 9 may 2026
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