SARKHOLLANDE (comédie identitaire)
Théâtre 13 Bibliothèque
30 rue du Chevaleret
75013 Paris
Jusqu’au 20 juin.
Du lundi au vendredi à 20h, les samedis à 18h.
Relâche les dimanches 7 et 14 juin.
À Avignon, Théâtre du Train Bleu, du 4 au 23 juillet à 10h.
À la rentrée, Théâtre de la Péminière ...
Étrange entreprise que celle de vouloir retracer les destins de huit présidents de la République… la Ve, forcément.
Le travail est bien avancé : Chirac a déjà eu droit à sa pièce et voici à présent, comme le titre l’indique, le tour des deux prédécesseurs d’Emmanuel Macron.
Le traitement est, lui aussi, inhabituel : nous avons droit, pour commencer, à un mini‑spectacle de stand‑up avec un comédien de taille disons adéquate qui, tout en tics et brushing, évoque Nicolas Sarkozy. On peut préférer Laurent Gerra ou Gérald Dahan, mais au final le comédien ne se tire pas trop mal de la séquence. Une séquence que l’on imagine brève. On va bien passer à autre chose, entrer dans le vif du sujet. Que nenni. Le numéro se poursuit sur une bonne demi‑heure : le faux Sarko monologue, vanne les spectateurs (dont certains lui sont acquis), évoque des souvenirs, sa rencontre avec Carla ou la politique qu’il a menée. Il s’auto‑cite (« Casse‑toi, pauv’ con ! »), ne manque pas de ressasser son amour des gens et de se défausser par avance (nous sommes en 2005, puis 2007 où il gagne, puis 2008) d’ennuis futurs.
Qu’en dire ? Comme souvent, le sujet est plus fort que la réalisation : on est pris, forcément, par ce rappel du passé politique de la France. On revit tout, on s’y revoit.
La suite nous offre un Hollande en clown. Numéro plus burlesque, moins bavard. Le côté fantoche du personnage éclate, d’autant que le comédien est inspiré et brillant. Mais encore une fois, la réalité se dérobe : nous sommes au spectacle, un spectacle qui traîne parfois en longueur, et la réflexion cale.
Plus intéressante, la dernière prestation, celle d’une « beurette » (déjà entrevue auparavant en spectatrice lambda) qui veut s’affranchir de sa condition et finit par devenir une avocate bien rétribuée dont les opinions politiques fluctuent. « Un transfuge de classe », dira‑t‑on.
La passion est ici au rendez‑vous et, au‑delà des clichés, ce pan d’histoire, tant personnelle que collective, parvient, grâce également au brio de la comédienne, à nous interpeller, voire à nous toucher. Karl Valentin (1882‑1948) faisait du cabaret politique. C’est tout un art.
Ici, malgré le côté plaisant et pas désagréable de la chose, nous avons surtout droit à du cabaret.
Gérard Noël
Sarkhollande (comédie identitaire)
Mise en scène : Léo Cohen-Paperman
Texte : Julien Campani, Léo Cohen-Paperman, Clovis Foin
Collaboration à la mise en scène : Esther Moreira
Collaboration artistique (cloxn de F. Hollande) : Valentin Boraud, Julien Campani
Avec : Valentin Boraud, Clovis Foin, Ada Harb
Scénographie : Anne-Sophie Grac
Costumes : Marion Naudet
Maquillage et coiffures : Pauline Bry
Lumière : Léa Maris
Création sonore : Lucas Lelièvre
Régie générale : Thomas Mousseau-Fernandez
Régie lumière : Zélie Carasco
Régie son : Léonard Tusseau
Mis en ligne le 9 juin 2026
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