OLIVIER ATLAN DIRECTEUR DE LA MAISON DE LA CULTURE DE BOURGES
Olivier Atlan, bonjour. On ne vous présente plus sur Regarts.org. Pour rappel, vous êtes le directeur de la Maison de la Culture de Bourges. Il y a quelques jours, vous présentiez la saison 2026/2027. Mais avant tout, quel bilan tirez-vous de la précédente saison ?
Une très belle saison en termes artistiques et de fréquentation : des créations réussies, de nombreux spectacles pleins et un public de plus en plus varié. Depuis l’ouverture de la nouvelle MCB en 2021, nous avons augmenté le public spectacle vivant et cinéma de plus de 60 %.
La saison 2025/2026 a été marquée par une baisse de budget. Êtes-vous dans la même configuration ?
Oui, nous avons depuis 2022 subi une baisse importante de budget, de l’ordre de 295 000 €.
Quel est le fil conducteur de cette saison ?
Pas de fil conducteur, si ce n’est proposer au public l’éventail le plus large possible de la création contemporaine.
Pouvez-vous nous parler de la programmation ? Quelles sont les grands rendez-vous attendus à la MCB ?
Cette saison, nous avons la chance d’accueillir des spectacles en grandes formes : Les Femmes savantes, Lorenzaccio, Casse-Noisette, l’Orchestre National de France… mais aussi des créations des nouvelles artistes associées, Marion Godon et la Cocotte Collective. L’axe jeune public reste également très important dans la programmation de la MCB, avec notamment des spectacles très jeune public, à partir de six mois.
Dans un monde de plus en plus complexe, difficile, voire violent, comment avez-vous fait votre choix ?
Les artistes ne sont pas hors sol. Ils traitent notamment de sujets d’actualité et nous permettent de regarder notre monde avec une autre focale. Mes choix sont dictés par la fidélité artistique, les rencontres, les découvertes. Une saison artistique est finalement une bibliothèque. On y retrouve des ouvrages d’art, des polars, des livres de philosophie, de la BD.
La MCB, c’est aussi la coproduction. Cette année, combien de pièces le sont ?
Vingt et une coproductions pour un peu plus d’une quarantaine de spectacles. La MCB est l’une des scènes nationales les plus impliquées en coproduction, notamment grâce à son atelier de construction, et coproduit chaque saison une quinzaine de spectacles. La saison 26/27 marque donc un record.
Par rapport aux saisons précédentes, est-ce plus difficile de coproduire aujourd’hui ? Les exigences sont-elles les mêmes ?
Nous sommes confrontés, comme l’ensemble du secteur culturel, à une baisse très importante de nos budgets. Nous avons donc été contraints de revoir à la baisse nos budgets de coproduction et de diffusion. Il est aujourd’hui de plus en plus difficile de monter des projets, et de nombreux artistes sont aux abois. Et 2027 ne devrait pas inverser la tendance.
Quels thèmes avez-vous souhaité aborder ?
Comme je l’écrivais plus haut, les artistes sont pleinement impliqués dans notre monde et notre époque. Mon travail consiste non pas à mettre en avant tel ou tel sujet, mais à mettre en relation des créations avec le public le plus large possible.
Qu’est-ce qui est nouveau cette année à la MCB ?
Une nouvelle identité graphique.
On ne peut pas ne pas aborder Bourges capitale de la culture 2028. Pour la MCB, cette saison est-elle une répétition ou un avant-goût ?
Dans le camp de base de la MCB, trois artistes de Bourges 28 sont associés depuis deux saisons : Alexandra Badéa, Jacques Vincey, Léonardo Garcia Alarcón. Ces artistes présenteront en 2028 un total de quatre créations, mais sont déjà présents dans la programmation de la MCB depuis 2024.
De plus en plus, on parle de censure dans la culture. Selon vous, est-ce une réalité ? Et comment le directeur que vous êtes y fait face ?
J’ai la chance de diriger une scène nationale et donc de bénéficier d’une totale liberté de programmation. Ce n’est pas le cas des salles municipales, et l’exemple récent de l’annulation du spectacle Amazonia à Vierzon en est le triste exemple. J’ai d’ailleurs décidé, conjointement avec la ville de Bourges, d’accueillir ce spectacle à la MCB en avril.
La censure est donc à craindre en dehors du réseau labellisé, mais je pense que l’autocensure risque de faire bien des dégâts dans les années qui viennent.
En vous remerciant, quels spectacles conseilleriez-vous à nos lecteurs ?
Lorenzaccio, La Visite de la vieille dame, Le Jardin, Annette, Au nom du ciel, The Gathering…
Propos recueilis par Jean-Davy Dias

Mis en ligne le 6 octobre 2026
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