Entête

ET DIRE QUE J'AI TON SANG DANS MES VEINES

 

Théâtre Ouvert,
159 av. Gambetta,
75020 Paris
01 42 55 74 40

Jusqu’au 21 février 2026.
Lundi, mardi, mercredi à 19h30 / Jeudi, vendredi à 20h30 / Samedi à 18h

 

loupe

 

 

Un titre long, une problématique sociale ou sociétale ..... on se dit, tiens, est-ce que Théatre Ouvert ne serait pas sur le coup ? Eh bien oui, c'est en effet le titre de la pièce de Clément Piednoel Duval, présentée ici depuis le 9/02.

L'auteur, de son propre aveu, s'y livre à une auto-fiction (théâtrale et non romanesque, bon !) et en profite pour revenir sur ses années d'enfance et sa famille paysanne.

Dès le début, malgré le jeune âge des parents et le comédien monté en graine qui figure l'auteur, on y est : tout sonne étrangement juste : ce rituel des repas, avec les mêmes mots à quelques variantes près, mais aussi la violence feutrée des rapports humains : de l'homme (le père) sur sa femme, de ces paysans sur la terre, le tout rythmé par la présence de coquelicots, petites fleurs rouges des champs, qui persistent à pousser naturellement, sans contrainte.

L'auteur, subtilement et c'est là un des intérêts du texte, se livre à des reculades, des variations, sortes de mise en abyme des personnages par rapport à leur vécu.

C'est, de loin, la partie la plus intéressante de cette pièce...  plutôt littéraire, disons-le. Ainsi, qui meurt ? Est-ce le fils, battu ? Non. Est-ce le père qui part ? Il semblerait. Et puis, non, c'est la mère qui, un jour, prend la tangente. Le fils, en tout cas, ne suivra pas l'exemple du père. Il interrompt délibérément cette succession de reprise de ferme et de terres. Il fera autre chose.

On appréciera, au passage, cette reflexion sur le terme "exploitant" (agricole) et ces notations sur la vie conjugale (avec le fameux devoir du même nom). Sur le souvenir, également : cette photo où le fils, très jeune, conduisait un tracteur en compagnie de son père tout sourire, existe-t-elle ? Où bien était-elle différente ?

Une intervention télé de Nicolas Sarkozy sur le mariage pour tous, date la période où tout ceci se passe.

La mise à distance finale... qui fait intervenir l'auteur en chair et en os (interviewé, qui plus est) ne s'imposait peut-être pas, mais on passe là-dessus tant ce spectacle est juste et bien senti. Drôle parfois, émouvant sans pathos.

Ah, la symbolique du grain de blé !

Gérard Noël

 

Et dire que j'ai ton sang dans mes veines

Texte, mise en scène, scénographie : Clément Piednoel Duval

Avec : Thomas Stachorsky, Vadim Vidovic, Marie-Camille le Baccon, Blanche Vollais

Assistanat à la mise en scène : Ambre Germain Cartron
Création lumières : Louise Franck, Rémy Raes
Création sonore et vidéo : Pierre Hubert, Marius Orjollet
Régie générale : Louise Franck