Entête

SPLENDEURS ET MISÈRES

 

Théâtre 14
20 rue Marc Sangnier
75014 Paris

Jusqu’au 3 octobre 2026
Mardi, mercredi et vendredi 20h.
Jeudi 19h. Samedi 16h.

 

loupe

 

 

 Au début, on craint le pire : on s’attend, bien sûr, à du Balzac bon teint… On guette la venue des courtisanes, avec leurs splendeurs et leurs misères. À tout le moins, le nom de Lucien de Rubempré éveille en nous le souvenir des célèbres Illusions perdues, et puis il y a cette mobylette.

Incongrue, comme à loisir. En plus d’une ambiance vaguement potache… limite café-théâtre. Serait-ce un clin d’œil au jeune public, un appel du pied pour leur faire mériter quelque chose de plus sérieux qui va venir, qui ne peut manquer de venir ?

Eh bien oui. La force du texte et des personnages est telle que, peu à peu, ils s’imposent. Existent.

On assiste au premier refus qu’essuie Lucien concernant son recueil de poèmes, Les Marguerites. On le voit hésiter, lui, le natif d’Angoulême, perdu dans cette grande ville qu’est Paris. Il échappe à deux éditeurs ridicules qui cherchent à le gruger. Il fait une rencontre, rejoint un cénacle de jeunes auteurs. Les choses commenceraient-elles à bouger ?

Étienne Loustau arrive alors : une merveille de personnage de patron de presse cynique et désabusé. Un plumitif qui va où va le vent, qui se vend au plus offrant pour mieux le trahir ensuite. Lucien suit ses pas : il devient critique littéraire, brûlant au besoin ce qu’il a adoré.

Il rêvera beaucoup, il aimera aussi, ce qui ne se terminera pas forcément bien.

La pièce, suivant en cela le texte, c’est la montée puis la dégringolade de Lucien de Rubempré, Lucien Chardon de son vrai nom.

Au passage, on aura eu des moments burlesques ou dramatiques, bien venus, en tout cas. On aura vu une Laure Adler interviewer notre homme, des personnages à têtes de chevaux, des scènes de liesse et de fête, un rédac’ chef prêt à tout…

L’histoire est, en fin de compte, assez linéaire : il fallait l’illustrer brillamment, la faire revivre, lui donner un coup de sang et un coup de neuf. Paul Platel l’a fait, assisté de ses interprètes, deux comédiennes et quatre comédiens.

Les décors sont sobres mais habiles, permettant des changements de lieux auxquels on croit. Il y a du mouvement et une bonne énergie.

Un spectacle enlevé, comme on dit.

À recommander.

Gérard Noël

 

Splendeurs et misères

Texte d'après : Les Illusions perdues, d'Honoré de Balzac
Mise en scène : Paul Platel

Avec : Marianne Giropoulos, Nicolas Katsiapis, Jason Marcelin-Gabriel, Willy Paupetit, Gaetan Poubangui, Laure Sauret

Scénographie et costumes : Cécile Carbonel et Estelle Deniaud
Musique : Tom Ouzeau
Lumières : Ugo Pérez