IMITATION OF DEATH

À la MC93
9 Bd Lénine
93000 BOBIGNY.

Jusqu'au 1er décembre 2013 à 20h30.
À 19h30 le mardi, à 15h30 le dimanche.
Relâche les 18, 21, 25 et 28 novembre.

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Mis en ligne le 15 novembre 2013

ImitationOfDeath

Des corps en sous-vêtements, allongés sur le sol, les pieds vers nous. Comme lumières, des néons verticaux jaunes. Chaque danseur (huit hommes et autant de femmes) souffle dans un sac de papier, des spasmes les agitent : ce n'est que le début de ce spectacle-danse-théâtre fertile en émotions. Ils voudront se relever, quitteront leurs drôles de talons hauts. Ils se déguiseront, nous nargueront avant de couper une bonne fois le ruban rayé (façon « Attention travaux ») qui sépare la scène de la salle. Un pas est franchi et ces corps assumés, avec imperfections ou tatouages vont se libérer, oser tout, du jeu de la violence à la nudité en passant par la confession déjantée et la provoc' envers le public.

Il y a un forcing des sensations, après les premières minutes, hypnotiques. On ne pense plus, on ressent et les danseurs-acteurs nous font partager des démarches individuelles et une inquiétude commune, celle de la mort du titre. Vivre, ce ne serait que faire semblant : jouer à être, à déambuler, se croiser, tracer des nombres sur un tableau noir ou bien éviter des balles. Ou encore, après une pluie artificielle, éponger le sol avec des serviettes. Consommer, aussi, autre contribution à l'illusion généralisée.

Inspiré lointainement de l'œuvre de Chuck Palahniuk (auteur, entre autres, de « Fight-club ») ce spectacle captive. Il trouble. Il ne laisse surtout pas indifférent : la grande scène de la MC93 est magnifiquement habitée : les danseurs (-seuses) la traversent, l'occupent, l'investissent, se l'approprient. Ils se vautrent au sol, quand ils ne s'élancent pas vers le ciel. Leurs corps presque nus tracent des sillons, des figures géométriques dont l'éclat demeure longtemps après le noir final. Les images sont là, prégnantes et le travail du chorégraphe fonctionne à plein.

Le côté trash est tempéré par l'humour de certaines phrases (dites en italien et surtitrées). Il y est question d'expériences sexuelles, de la vie en général, du temps qui passe et des projets que l'on fait…que l'on ferait, plutôt, si la mort, toujours elle, n'était pas si proche et inéluctable. En une symphonie de sons criards et assumés, de noirs traversés de lueurs, le spectacle déploie une magie maléfique,  à propos de laquelle on pourrait évoquer les noms de Fellini ou, mieux, de Pasolini. Depuis une douzaine d'années, les spectacles de Stefano Ricci et Gianni Forte bousculent les scènes italiennes. Profitez de la présence de « imitationofdeath »  dans nos murs : amateurs de danse ou non…vous n'en reviendrez pas !

Gérard Noël

 

 

Imitation of Death

Mise en scène : Stefano Ricci.
Traduction : Patrick Sommier.

Avec : Marco Angelilli, Cinzia Brugnola, Michela Bruni, Chiara Casali, Ramona Genna, Desiree Giorgetti, Fabio Gomiero, Blanche Konrad, Liliana Laera, Piersten Leirom, Mattia Mele, Silvia Pietta, Claudia Salvatore, Giuseppe Sartori, Francesco Scolletta, Simon Waldvogel.

Chorégraphie : Marco Angelilli.
Direction technique : Davide Confetto.
Assistantes à la mise en scène : Ramona Genna, Liliana Laera, Claudia Salvatore.