COMME UN LUNDI

Le Passage vers les Étoiles
17 cité Joly
75011 Paris
01 43 38 83 45

Jusqu’au 17 décembre 2016
les samedis à 18h00

 

Comme un lundi loupe 

Comme un lundi raconte un moment clef de l’existence d’un jeune cadre sup, loup moderne de la jungle libérale issu d’HEC sur le point de se marier, d’acheter son pavillon dans une banlieue bourgeoise parisienne et d’envisager d’y semer une famille. Quelque chose cloche pourtant dans ce tableau presque cliché : celle qu’il a choisie pour fiancée n’est pas du tout de son milieu. Elle est plutôt du peuple. Fleuriste, son ambition est d’acheter sa boutique à elle et pas de devenir une composante conséquente des décideurs de demain.

L’action se déroule le temps d’un week-end dans la maison de famille. L’occasion de présenter la future à la famille et aux amis d’enfance. Mais la pièce ne va pas se cantonner à raconter comme on pourrait le croire le choc culturel et le conflit de classe entre ces grands bourgeois et l’humble petite femme simple.

L’auteur Axel Senequier a eu l’idée de faire apparaître aux yeux de son héros, l’enfant porteur de rêves qu’il était lorsqu’il avait 10 ou 12 ans. Une confrontation brutale entre la vie idéale que l’on se destine et les choix pitoyables que la vie réelle nous impose au fil des ans. Au final, le héros de cette histoire sera l’objet d’une prise de conscience totale qui lui fera changer ses choix, ses ambitions et finalement toute son existence.

La mise en scène de David Garel fait vivre les personnages dans un décor à peine suggéré. Des scènes souvent à deux ou trois personnages qui se succèdent sans heurts. D’ailleurs, toute la pièce est montée et jouée avec une douceur qui donne une sourdine à l’inéluctable que l’on devine. C’est ainsi un mélange doux amer de défaites et d’espoir. Une douceur presque palpable se dégage de ces échanges à deux ou trois interprètes qui paraissent par moment à la limite du réel, sortes de duos, trios qui sonnent en harmonie plus qu’en désaccord. 

C’est aussi un appel vertigineux vers le sauvetage des rêves d’enfant. N’étaient les répétitions des scènes de fins qui n’apportent rien à l’histoire comme si personne ne voulait vraiment finir l’histoire, le spectacle parviendrait à être une bouffée d’air pur, bon enfant, qu’il fait bon vivre et porter un moment avec soi.

Bruno Fougniès

 

Comme un lundi

Auteur : Axel Senequier
Mise en scène : David Garel

Avec Galiléo Bajard, Yann Chevalier, Pauline Choplin, Charlotte Gallet, David Garel

 

Mis en ligne le 19 octobre 2016