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À La Folie théâtre – 6, rue de La Folie Méricourt – 75011 Paris
Jusqu’au 23 octobre 2011, les vendredis à 22h et dimanches à 18h – Séances supplémentaires les 3, 4, 5 novembre à 19h et dimanche 6 novembre à 15h.
Réservations : 01 43 55 14 80

Photo Alain André
Quand on entre dans la salle, Béatrice est déjà là à attendre. De dos, longs cheveux, robe et talons aiguille noirs. Elle est plutôt lascive et écoute la radio. Une femme fatale ? Un fond sonore de gouttes d’eau, des gobelets en plastique, des tas de pommes et un gros fauteuil en plein centre… Quelque chose cloche. On commence déjà à s’interroger.
Noir salle…
On frappe à la porte. C’est un homme, Jean, qui entre. Il est chasseur de primes professionnel et vient en réponse à une annonce de Béatrice. Elle promet une récompense substantielle à celui qui saura l’intéresser, l’émouvoir et la séduire. Est-ce que c’est l’amour qu’elle cherche ? Au fur et à mesure de ce dialogue à huis clos, on comprend que l’un et l’autre, chacun de leur côté, sont seuls. Une première partie pose les personnages, nous donne des indications
et nous entraîne aussi sur de fausses pistes. Puis les masques tombent et on commence à comprendre qu’ils ne sont finalement pas aussi loin l’un de l’autre que l’entrée en matière le laissait supposer. En rassemblant leurs solitudes, leurs angoisses ou leurs égoïsmes, ils vont tenter le jeu de l’amour et du hasard.
La confrontation de ces deux là nous parle… forcément. Ces questions, on se les est tous posées. La femme n’est-elle qu’une éternelle sentimentale ? L’homme un être égoïste et intéressé ?
Les deux comédiens, Valérie Parisot et Frédéric Gray, proposent une interprétation tout en finesse. Une Béatrice tour à tour fatale, allumée, fragile et torturée, et un Jean plus en pastel, touchant, paumé mais résolu. Le jeu est bien rodé et l’accord presque parfait. Tellement bien rodé que le spectateur que j’étais aurait juste eu besoin d’avantage de respiration sur quelques moments clefs…
Autour d’une mise en scène suffisamment sobre pour se faire oublier, ce texte de Carole Fréchette met en avant l’une des composantes dramaturgiques du théâtre : la catharsis… ou plus simplement dit le fait de pourvoir s’identifier aux problématiques des personnages.
C’est fait !
Jean-Michel Beugnet
« Jean et Béatrice » de Carole Fréchette
Bande annonce du spectacle : www.la-clique.org
Mise en scène Hélène Lebarbier
Scénographie Anne Flore Cabanis
Conception sonore Aurélie Prunier
Avec Valérie Parisot et Frédéric Gray
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