|

@ Hugues Marcouyau
De la vivacité, du jeu, du brio …un vrai moment de théâtre !
Lequel d’entre nous n’a encore jamais entendu parler de nos jours du grand maître du vaudeville, Eugène Labiche ou de quelques unes de ses œuvres les plus jouées telles que « Le voyage de monsieur Perrichon »(1860) ou « Un chapeau de paille d’Italie » (1851)... ? La pièce choisie ici par le metteur en scène Freddy Viau, « Les vivacités du capitaine Tic » (1861) est de fait d’une originalité et d’une fraîcheur particulièrement remarquables. L’histoire située en 1861
conte en
effet le retour d’un jeune et séducteur capitaine Horace Tic, joué par le fringant David Dos Santos, revenu après dix ans d’absence chez sa tante, Madame de Guy- Robert, interprétée par la convaincante Laetitia Richard. Le jeune homme vient tout juste de quitter l’armée. Il y retrouve ainsi sa cousine Lucile –Angélique Fridblatt, très juste dans ce rôle de jeune fille bourgeoise, innocente et bien éduquée-dont il tombe éperdument amoureux au point d’envisager de se marier avec elle. Tout serait
pour le mieux n’était la présence d’un tuteur Monsieur Desambois, un scientifique de la première heure-le truculent Régis Chaussard- lequel veut placer comme « prétendu » ou prétendant, un jeune statisticien Célestin Magis, des plus mornes et sans attrait-Charles Lelaure, très bien distribué dans ce registre dramatique. Le capitaine Tic, fort de son autorité familiale et de son prestige militaire, entend bien rester le seul en lice. Mais le rusé tuteur de Lucile conscient des défauts de ce jeune
officier fougueux et très colérique réussit à le pousser à la faute tout en manipulant audacieusement les douces et bonnes Lucile et sa tante…L’intervention de son ami et compagnon de guerre, Bernard permettra au final un heureux dénouement –signalons la présence de Régis Romelé, excellent dans ce rôle d’homme d’honneur et de foi.
Freddy Viau avec ses complices de toujours réussit un joli tour de force dans cet espace unique qu’est le Théâtre de l’Essaion, reconstituant à sa façon, les salons bourgeois-décor de Nic de Ferran- agrémentés par les allées et venues des acteurs en costumes brillamment imaginés et réalisés par le créateur Rick Dijkman . Cette œuvre enlevée et exigeante respire aussi grâce à une mise en scène traitée en circus, laquelle permet de passer d’un
lieu à l’autre,
dans un rythme soutenu, illustré par des mises en jeu soignées, qui servent au mieux les subtilités d’écriture de Labiche. Cette scénographie conçue autour de scènes jouées derrière des rideaux et mise en valeur par des lumières dentelées, est judicieuse, propice à rendre les ambiances régnant dans ces lieux mondains. Elle souligne ainsi un peu plus les « sournoiseries de couloirs » et les bassesses des gens de l’époque comme nous le confie par ailleurs le jeune metteur en scène … C’est sur
l’idée et avec le concours d’Axel de Ferran par ailleurs auteur des textes originaux des intermèdes musicaux (composition de Nicolas de Ferran), que cette pièce aux dialogues riches et aux scènes comiques bien ficelées a été montée.
Un très bon moment de théâtre !
Safia Bouadan
Nota : La troupe d’acteurs de la compagnie Parciparlà dont s’est entouré Freddy VIAU, travaille à ses côtés depuis près de neuf ans : « Le Roman de Renart »créé en 2001 et résidence en 2009/2010 au Théâtre Michel, ou « Alice au Pays des merveilles » (2003 et reprise au théâtre Michel en 2010), ou l’inattendu « Dard Dard
Comédie insecticide
».
Bon à savoir : « 24 h de la vie d’une femme » d’après Stefan Sweig sera de nouveau en représentation parisienne le 28 septembre prochain dans ce même théâtre…
En savoir plus :
www.compagnieparciparla.com
Voir l'interview de Freddy Viau
|