LE MISANTHROPE

 

Théâtre le Ranelagh
5 rue des Vignes
75016 Paris
01 42 88 64 44 

Jusqu’au 12 avril
du mercredi au samedi à 21h et le dimanche à 14h30 (relâche le 25 mars)

 

Le Misanthrope loupePhoto © Ben Dumas 

 

Chloé Lambert et Nicolas Vaude avaient très envie de travailler ensemble... et se se sont mis d'accord pour jouer et mettre en scène la pièce d'un petit jeune qui promet : Molière.

Éternel Misanthrope. On se demande, bien sûr, ce qui peut être apporté de nouveau. Quel angle ? Quelle audace qu'on n'aurait pas encore imaginée ?

Dès le début, on n'est pas déçu : dans cette superbe salle du théâtre du Ranelagh (à l'accoustique... incertaine, mais nous y reviendrons) nous sommes accueillis par un décor sobre, bar, tabouret, un piano.  Alceste, bougon, frappe lui-même les trois coups. Pourquoi pas ? C'est SA pièce, son histoire. Cette idée n'est pas "bouclée" dans la mesure où l'on ne le voit pas, à la fin, clôturer  de même le spectacle.

Les premières scènes voient donc l'irruption, sur scène, de personnages dansant et festoyant. Le tout coloré et joyeux, sur des musiques pops. Pourquoi pas ? Le côté intemporel de la pièce est affirmé, avec la vanité de la vie mondaine qui en est l'arrière-plan permanent. D'autant que cela se raréfie ensuite... et que tout se déroule plus "classiquement".

Soit donc un débat sur la vie et les amitiés : sincérité absolue pour Alceste, ménagements divers pour son ami Philinthe. Le sonnet d'Oronte se taille son petit succès, même si l'on déplore que Nicolas Vaude "charge" un peu. Il oscillera entre accablement et colères, son jeu pouvant être qualifié d'inégal.

Célimène, tout de rouge vêtue, manipule son monde... et rallie, comme on dit,  tous les suffrages.

Les deux marquis sont très bien : ils ont pour eux la jeunesse, la fantaisie, l'ambition...

Laurent Natrella (Philinthe) mène agréablement sa partition et va même jusqu'à jouer du piano. Nathalie Boutefeu campe une Éliante sobre et émouvante. Quant à Hélène Barillé, elle prête à Arsinoé, une rigueur, une raideur... tout à fait dans l'esprit du personnage.

Malgré quelques problèmes de son (au-delà du 11ème rang, certains spectateurs tendaient l'oreille) le pièce fonctionne bien : Molière enchaîne ses scènes, développe le caractère d'Alceste : il illustre de plusieurs façons sa misanthropie, fait miroiter un changement possible qui n'arrive finalement pas. Même chose pour Célimène : la coquette, la rouée, se fait jouer mais, face à la proposition finale d'Alceste, elle ne cède pas. Elle restera ce qu'elle est. « Ce n'est pas le temps d'être prude à vingt ans ! » a-t-elle assené à Arsinoé.

Entre temps, on aura goûté les morceaux de bravoure, les incontournables : la scène du sonnet, donc, celle des portraits, et celle de la lettre à un marquis où Célimène "taille un costume" aux uns et aux autres, Alceste inclus.

Au final, les qualités de la mise en scène... et de l'interprétation emportent le morceau.

Et l'on sort du Ranelagh, convaincu que les classiques ont encore une longue vie devant eux.

Gérard Noël

 

Le Misanthrope

de Molière.
Mise en scène : Chloé Lambert et Nicolas Vaude.

Avec : Nicolas Vaude, Chloé Lambert, Laurent Natrella, Pierre Val, Nathalie Boutefeu, Arthur Sonhador, Hélène Barillé, Raphaël duléry, Clara Artur Vaude

Scénographie : Thibault Ameline; Costumes : Carole Gérard. Lumières : Idalio Guerreiro
Chorégraphie : Karine Briançon. Assistante mise en scène : Prune Roussillon

 

 

Mis en ligne le 18 janvier 2020


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