LE MARIAGE DE FIGARO

Au théâtre du Ranelagh
5 rue des Vignes
75016 PARIS
01 42 88 64 44   

Jusqu’au 19 avril
Du mercredi au samedi à 19h. Le dimanche à 15h.

 

Le mariage de Figaro loupe

 

De la trilogie de Beaumarchais, on ne joue plus que les deux premières pièces. Et on a bien raison. Avec une prédilection pour la numéro 2, à savoir ce fameux « Mariage de Figaro ». Rappel : Après avoir facilité l’union du comte Almaviva avec la pupille du vieux Bartholo, voici que maintenant, c’est Figaro lui-même, qui aspire à convoler avec sa douce Suzanne. Deux problèmes se posent assez vite : le comte ne rêve que de séduire Suzanne et une intrigante nommée Marcelline argue d’une reconnaissance de dette qu’elle aurait, pour vouloir se faire épouser par Figaro.

Dans un décor habile et transformable, tout est en place : les comédiens, dans des costumes chatoyants, virevoltent avec grâce. Ils entrent, sortent, courent, se dissimulent, s’échangent vite fait des répliques… et on y est.

Une première surprise, Figaro reste un peu en retrait et ce sont le comte, le binome Basile/Marcelline et surtout Suzanne qui « ramassent tout », comme on dit. Qui s’en plaindrait : en comte Almaviva, Damien Coden est tout à fait réjouissant, dans ses emportements pour rire, sa façon d’amener la surprise et surtout de jouer brillamment avec son image du séducteur. Mutine, charmante au possible, Élodie Colin (Suzanne) transcende sans peine ce que son rôle peut avoir de classique. Karine Tabet, en comtesse… fait passer joliment son personnage du sombre au clair et Cédric Miele fait le grand écart entre le rôle du page (un Chérubin qui ressemble à Harpo Marx) et celui de vieux grigou mal fagoté qui répond au nom de Bartholo. Gardons pour le meilleur, Franck Cadoux qui, en Marcelline, apporte une note inquiétante au spectacle… et une émotion vraie, lors de la fameuse scène du procès.

La pièce de Beaumarchais tient et comment, la distance. Elle fonctionne bien. On a souvent opposé l’auteur à son contemporain Marivaux, mais ce qui distingue Figaro de n’importe quel Arlequin, c’est qu’il se débat et intrigue, qu’il critique, qu’il ne se laissera surtout pas faire. D’où le couplet sur la noblesse : « Vous vous êtes seulement donné la peine de naître… » Voire celui sur la censure : « Sans liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur ! ».

En résumé, la Cie Les Nomadesques a bien fait de nous restituer ce « mariage ». Elle l’a fait sans respect excessif mais en gardant ce qu’il y avait d’essentiel. Un vent de fraîcheur circule sur scène : Antonio a le nez rouge, Bris d’Oison bégaie et les personnages se figent drôlement pour exprimer leur stupeur. Et c’est très bien comme ça !

Gérard Noël

 

 

Le mariage de Figaro

Avec : Auguste Bruneau ou Vincent Caire, Franck Cadoux, Damien Coden, Elodie Colin, Gaël Colin, Cédric Miele, Karine Tabet.

Mise en scène : Vincent Caire assisté de Gaël Colin.
Lumières : Lou-Anne Lapierre.
Costumes : Corinne Rossi.
Décor : Nicolas Cassonet et Caroline Rossignol.

 

Mis en ligne le 26 février 2015

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