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Théâtre des Bouffes Parisiens,
4, rue Monsigny 75002 Paris.
Tél. : 01 42 96 92 42.
Jusqu'au 4 décembre

Une pièce remarquablement adaptée et jouée !
Quelle originalité, finesse et sensibilité que cette adaptation du film américain inoubliable de Robert Benton réalisé en 1979.Cette œuvre à l’époque avait marqué par son thème sensible: la déchirure d’une mère et d’un père prêts à tout pour garder leur enfant Billy, âgé de six ans, élevé par le papa après une séparation brutale du couple.
La mise en scène du tandem Didier Caron et Stéphane Boutet est audacieuse et réfléchie tout en se voulant dynamique. Le concept décor et scénographie, particulièrement bien pensé, est imbriqué originalement dans celui du thème dramatique et porteur de la pièce : c’est comme un jeu psychanalytique de cubes avec pour objets, la publicité et les produits quotidiens, univers du travail du père et de consommation familiale, et les jouets d’enfants, univers de Billy,
enjeu des parents
qui se chamaillent constamment pour lui.
Cette version à la française et modernisée issue de la pièce d’Avery Corman est remarquable car cette œuvre marquante à l’époque retrouve ici son sens et sa pleine sensibilité grâce à une distribution d’actrices et d’acteur parfaite. Dans les rôles principaux : Gwendoline Hamon d’une juste émotion et passionnée : la force de son personnage Joanna réside dans celle de son interprétation : tour à tour, la jeune femme bascule du rôle d’épouse amoureuse et soumise à
celui de célibataire,
battante et divorcée, victime d’un drame parental qu’elle nourrit par ses accès impuissants de crise de femme et de mère. Le père Ted est interprété avec brio par Frédéric Diefenthal - beaucoup de force là aussi dans le jeu dramatique- passant du rôle d’homme comblé mais pas très solidaire maritalement à celui de mari abandonné et de père effondré par la tâche éducative qui lui tombe brutalement dessus. Le petit Billy âgé de six ans joue divinement son rôle de petit garçon attaché à ses parents, déchiré
par leur dispute incessante puis sensibilisé par l’abandon de sa mère. L’amie prévenante est par ailleurs jouée par Maud Le Guénédal, convaincante en voisine de palier, autant que Roland Marchisio, très juste aussi dans le rôle du patron et ami de Ted, victimes tous deux du milieu publicitaire.
Si cette pièce ne fait pas l’unanimité vis à vis du public parisien , peut être cela est-il dû à son thème devenu plus banal maintenant ou du fait de son origine américaine? Il n’en demeure pas moins qu’elle est remarquable par sa qualité scénographique, dramatique et interprétative : Tous les sentiments et les tiraillements qui nous sont à tous familiers sont évoqués ici avec une vérité sobre et rare au théâtre, malgré la difficulté qu’ils auraient pu rencontrer
du fait des changements
constants de situations dans le temps et l’espace. Nous en avons pour preuve les larmes retenues puis versées par les spectateurs. De plus, le couple à la ville, Gwendoline Harmon- Frédéric Diefenthal, est des plus attachants dans ce divorce à la scène.
Venez donc vite découvrir avant le 4 décembre au Théâtre Marigny : « Kramer contre Kramer », une œuvre adaptée avec beaucoup de recherche par Didier Caron et Stéphane Boutet.
Safia Bouadan
Une pièce de Avery Corman
Adaptation Didier Caron et Stéphane Boutet
Avec , Gwendoline Hamon, Frédéric Diefenthal Roland Marchisio, Maud Le Guenedal, André Penvern, Romann Berrux, Raphaël Caduc, Antoine de Prekel.
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