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Frisette… une pièce oubliée de Labiche : un vaudeville de très bon cru !
Tous les ingrédients sont ici réunis pour faire de « Frisette », vaudevillle en un acte créé au Théâtre de Paris en 1846, une comédie réussie !... Les acteurs sont excellents, très matures et d’un naturel rafraîchissant, ce qui fait que le public adhère d’emblée à leurs personnages. Tout d’abord, Frisette - Eliane Kherris très juste et attachante - est une dentellière qui vit seule dans un petit appartement que lui loue Mme Ménichet, Anne Barthel, au comique et à l’aplomb bien menés. Cette dernière loue ainsi sans que sa locataire le sache, ce même espace à un autre habitant, Mr Gabriel Gaudrion, un garçon boulanger digne et soigné de sa personne - interprété avec charisme et aisance par Didier Clusel. La trahison de sa fiancée, Louise, quelques années auparavant l'a rendu cynique envers toute la gente féminine. Le refrain « Détestons, détestons les femmes ! » qu’il entonne à plusieurs reprises illustre parfaitement son état revêche et dur à cet égard…Mais ce n’est qu’un leurre : ces deux êtres sont meurtris par la pauvreté de leur existence et ils aspirent à sortir de leur condition voire à fonder une vraie famille… Comme à l'accoutumée, Labiche dépeint sans concession mais avec l’humour et la finesse qui le caractérise une partie de notre toile sociale française au XIXès. Le propos dramatique qui aurait pu être assombri, est soutenu constamment par des chansons agrémentées de refrains populaires interprétées en duo voire à trois voix tout au long de la pièce à la limite du théâtre musical contemporain !... La mise en scène de Jean Paul Muller est à la fois fouillée et simple. Le décor est réduit en une pièce au fond de laquelle se trouve deux cabinets séparés par un mur réservés chacun à l’un ou l’autre de ces locataires malchanceux. Signalons que le personnage de Barbaroux écrit par l’auteur – prétendant de Frisette - reste un acteur important qui intervient ponctuellement mais en voix off. Aucun détail donc n’est laissé au hasard dans la recherche et la valeur dramatiques jouées par les accessoires et voulu par Labiche et respectées par le metteur en scène - rôle important joué par la chandelle et les allumettes dont la consommation grève le budget des pauvres gens à cette époque.Ou encore le choix des costumes – la robe de Frisette pourrait être faite à partir de la doublure d’une autre robe ou d’un manteau et le boulanger porte le gilet comme le ferait un bourgeois. Tout dans cette comédie est en ordre, ce qui n’enlève rien à son charme croquignolet. Au détour de votre promenade parisienne, arrêtez-vous au Théâtre du Nord Ouest situé rue du Faubourg Montmartre pour voir ce vaudeville oublié de Labiche qui se joue jusqu’au 6 mars 2011 et pour ce mois d’octobre les vendredi 8 à 20h45, samedi 9 à 17h, vendredi 22 à 19h … Cet espace de théâtre offre aussi cet automne un cycle entièrement consacré à cet auteur !
Safia Bouadan Site de la compagnie : http://theatrepeupliernoir.chez.com/sommaire.html
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