Non je ne danse pas

Rue du désir

Rue Offenbach

Bonnie & Clyde à l'Alhambra

Toujours ça de pris

La vie parisienne au théâtre Antoine

La Belle et la Bête

Isabelle Georges

Peter Pan

Ces années-là à Saint-Germain des Prés

Caroline Loeb

Quatuor 1084°C

In The Sky With Diamonds

Quilapayun

Jean de la Lune

La Traviata

Pinocchio

TISMEE : Mama Africa, on t’aimera toujours !

Marlène D.

Swinging Life

Chance

Les Seagirls

Frères Jacques, dormez-vous

Hair

Une journée Hyper

L'anneau de la rose

Tangopéra

Souingue souingue

Le Prince et le Pauvre

Le joueur

Lady In The Dark

La vie parisienne à l'Opéra de Lyon

La belle Hélène

Dracula, entre la vie et la mort

 À la recherche de Joséphine

 

NON JE NE DANSE PAS

Tranches de vie

Le rideau s’ouvre sur un décor coloré de quatre façades de maison étroitement serrées l’une contre l’autre. Chacune a son nom : 12 bis, La pinède, Ker Castel et Mon rêve.

Les portes s’ouvrent l’une après l’autre. En jaillissent quatre femmes  qui hurlent leur désespoir : elles ont toute été quittées par leur compagnon.

L’atmosphère est plantée : on sent que leur quotidien ne va pas être rose, mais que ce sera traité avec suffisamment de dérision pour qu’on rie beaucoup.

Effectivement, les rires ont fusé tout au long du spectacle. Il faut dire que les quatre comédiennes, Magali BONFILS, Christine BONNARD, Florence PELLY et Ariane PIRIE ne se ménagent pas : elles crient, chantent, dansent, se racontent avec talent.

Les scènes de leurs vies, pathétiques, s’enchainent sans temps mort, les accessoires surgissent, cheval et feu de bois pour l’inénarrable épisode « western », camping à la belle étoile avec des astucieux lits de camp, loge d’artistes, tout est parfaitement exécuté.

Ces quatre femmes vont pendant presque deux heures nous raconter leurs souvenirs, leurs quotidiens, leurs vécus désastreux avec les hommes avec talent mais sans jamais se prendre au sérieux.

Il faut dire qu’elles ont un texte superbe à défendre : Lydie AGAESSE, l’auteur, utilise un verbe vif, léger, poétique, mordant, audacieux, insolent et parfois tendre.

On rit donc beaucoup, tout en étant touché par ces quatre portraits si justes de femmes de notre temps, (ah ! la chanson « Tupperware !),  parfaitement mis en scène par Jean-Luc REVOL et accompagnés pour notre plus grand plaisir des musiques de Thierry BOULANGER et Patrick LAVIOSA.

Le spectacle se donne à la Pépinière théâtre, 7 rue Louis Legrand,  du mardi au samedi à 21h et samedi à 16h.

 

En savoir plus :

http://www.vincent-presse.com

 

Nicole Bourbon

 

RUE DU DÉSIR

Parlez-moi de désir…

Orlando revient ici avec un troublant spectacle aux allures de cabaret-show  qui rend un vibrant hommage aux années 20 berlinoises : « Rue du désir ». Présentée en Avignon off en 2006, il nous parle de la ville mythique allemande et de ses quartiers aux mœurs tant décriées. Tout commence par un clin d’œil plein de tendresse qu’il rend à la chanteuse Marie Dubas : « La Rue du Désir fut barrée par les gravats de notre amour ».

De composition  onirique, d’une atmosphère fascinante comme suspendue dans le temps, nous voici face aux pulsions les plus enfouies d’un personnage des plus attachants, créature mi animal, mi  fatale livrée à ses pulsions les plus intimes, celles de l’Eros et du Thanatos. Accompagné dans son épopée poétique par une  artiste du feu remarquable- Juliette Dragon en sulfureuse dompteuse de flammes- Orlando nous balade voluptueusement dans le répertoire ambitieux de célèbres personnalités telles Marlène Dietrich, Fritz Lang, Kurt Weill ou Jacques Prévert qu’il revisite singulièrement. Notons en particulier l’interprétation subtile du fameux  «Bal perdu » et la version  sucrée-zoukée de « Lily Marlène ».

Orlando, cet artiste aux multiples visages est par ailleurs très bien servi  dans son voyage fantastico-musical par des musiciens très complices –Jan Stümke , au piano, Johann Riche à l’accordéon et Bago aux percussions. Cette création des plus complexes a été adaptée à la scène par Christophe Botti dont on reconnait bien une influence dramatique issue du monde cinématographique…

Jusqu’au 31 janvier au Théâtre de la Reine Blanche, ravissant lieu au cœur du 18é, « Rue du Désir » est une promenade qui vous procurera un plaisir des plus intenses !

 

Safia Bouadan

 

http://www.ruedudesir.com/

www.reineblanche.com

 

 

RUE OFFENBACH

Rue Offenbach ou Rue de la gaité

 

C’est un spectacle joyeux que nous a présenté la compagnie Nadia Baji à l’Auditorium La Fontaine.

Des extraits de 2 opérettes d’Offenbach, "Lischen et Fritzchen" (livret de Paul Boisselot)

"La Périchole et Piquillio", extraits de l'Opéra " La Périchole " (livret de Henri Meilhac /Ludovic Halévy), interprétés par seulement deux chanteurs, Tycia de Paula  et Marc Schweitzer accompagnés au piano par Nebojsa Petkovicz, liés par des intermèdes présentés par deux comédiens Nadim-Roger Adra et Coccinelle,  il fallait oser.

 

Nadia Baji l’a fait et bien fait.

 

Les intermèdes sont excellemment bien interprétés, tout à fait dans l’esprit d’Offenbach, avec des clins d’œil à notre époque que le compositeur ne renierait pas, lui qui se moquait de la société dans ses œuvres ; Nadim-Roger Adra leur prête sa prestance et Coccinelle sa gouaille et sa fougue de titi parisien. Ils forment ainsi un couple irrésistible qui nous promène dans ces deux histoires qui comme souvent dans les opérettes ne cassent pas trois pattes à un canard mais nous emportent par leur bonne humeur et leur gaité.

 

Les deux chanteurs chantent agréablement et de surcroit on comprend ce qu’ils disent ce qui n’est pas toujours le cas dans ce genre de spectacle.

 

On passe donc un très bon moment en leur compagnie, il n’est qu’à voir la mine réjouie des spectateurs à la sortie pour s’en rendre compte.

 

Nicole Bourbon

 

En savoir plus

www.nadiabaji.fr

 

BONNIE & CLYDE

Si vous voulez voir une comédie musicale pas comme les autres, courez à l’Alhambra découvrir  « Bonnie and Clyde », un polar musical qui mêle chant, danse, humour et scènes de combat.

Pas de mélodies sirupeuses, ni d’airs qui vous trottent dans la tête,  mais une musique jazzy et nerveuse servie par trois excellents musiciens également comédiens dont le compositeur Raphael Bancou.

 

L’histoire est adaptée à notre époque et l’on retrouve des « pointures » de ce style de spectacle :

Cécilia Cara (Roméo et Juliette, Grease) et Fabian Richard (Hair, Les dix commandements, Belles, belles, belles) incarnent ce couple de hors-la-loi, en compagnie de  Christine Bonnard (Nonnesens, Panique à bord), Magali Bonfils (Chance, Un siècle de music-hall) ou encore Gilles Vajou (Cats, Les misérables, My Fair Lady).

 

L’histoire part un peu dans tous les sens mais on s’y laisse prendre tant la bonne humeur des interprètes est contagieuse, ils nous emmènent où ils veulent,  guidés par une excellente mise en scène et des combats réglés magistralement.

On a tout à fait l’impression d’être dans un film mais avec la dimension supplémentaire qu’apporte le spectacle vivant, soutenu par de magnifiques  jeux de lumière.

Les chorégraphies, superbes,  sont signées Armelle Ferron.

 

Ce vous sera peut-être aussi l’occasion de découvrir la très belle salle de l’Alhambra.

Restée pendant plus de 20 ans fermée et oubliée de tous, construite en 1933 , elle rouvre ses portes après deux années de lourds travaux débutés en 2005 à l’initiative de Jean-Claude Auclair.

 

Nicole Bourbon

 

En savoir plus :

www.alhambra-paris.com/

 

TOUJOURS ÇA DE PRIS


©Philippe Crochard

L’éternel féminin

 

Vanessa Hidden nous donne, dans un charmant numéro, une vision  légère de la femme.

Elle interprète avec grâce, légèreté, esprit et beaucoup d’humour des chansons du début du siècle qu’avaient immortalisées Marie Dubas, Yvette Guilbert et Yvonne Printemps.

Des intermèdes écrits par Stéphane Ly-Cuong, également metteur en scène, décrivent une femme d’aujourd’hui que ne renieraient pas ces trois grandes dames.

C’est moderne et nostalgique en même temps, tendre et parfois cruel, bref, jouissif.

On se laisse porter par le charme de l’interprète, sa voix superbe, son jeu à la fois ingénu et pervers, la fausse naïveté des mots, la virtuosité du pianiste, Tristan Michel, la mise en scène précise dans sa sobriété.

Ce spectacle qui aurait pu être ringard fait passer un moment délicieux, hors du temps.

Il nous raconte l’éternel féminin, mais pas féministe, heureusement Vanessa Hidden met la distance nécessaire pour qu’on prenne au second degré  la femme frivole décrite dans les chansons.

Elle fait une interprétation magnifique de « C’est la saison d’amour », comique de « Pédro », moqueuse de « Quand on vous aime comme ça », étourdissante du « Tango stupéfiant ».

Excellente comédienne, elle nous fait partager des moments inattendus, comme lorsqu’on la trouve couchée au sol à manger du Nutella !

Cette équipe parvient à créer un climat qui devrait ravir aussi bien les personnes  d’un certain âge que les plus jeunes.

Saluons ici Michèle Tollemer qui ouvre son Atelier théâtre de Montmartre rue Coustou à ce spectacle parmi d’autres, elle qui défend avec acharnement une certaine idée de l’art, qui a rêvé et réalisé un lieu dédié à la création, se voulant comme elle le dit si bien « une patronne en résistance ».

 

Nicole Bourbon

 

En savoir plus

http://ateliertheatredemontmartre.ifrance.com/

 

 

LA VIE PARISIENNE

Ils vont vous en mettre jusque là !

 

N’en doutez pas : vous n’êtes pas prêts d’oublier cette « Vie parisienne » là. Bien sûr, point d’orchestre  ni d’acteurs lyriques dans cette distribution excellente si bien choisie par le génial Alain Sachs, excepté la délicieuse Isabelle Fleur en Mettela, familière des scènes lyriques et surtout de cet opéra bouffe .Ce sont en revanche de vrais acteurs de théâtre qui  jouent, chantent et dansent avec brio dans une ronde endiablée. Ils sont tous aussi doués les uns que les autres : Hervé Devolder également  musicien et auteur accompli et lui même passionné d’Offenbach, qui endosse ici le rôle du vicomte Raoul de Gardefeu, élégant, brillant et drôle, manifestement très à son aise dans ce registre lyrique. Ou encore l’artiste saltimbanque David Alexis que l’on a pu voir entre autre dans « Cabaret »,  qui nous campe le baron d’origine  suédoise Gondremark, avec verve, relief et bonhommie. Il va  jusqu’à nous offrir un désopilant numéro de claquettes qui intervient dans la pièce en un contrepoint des plus inattendus. Son épouse, madame la baronne, la chanteuse Sarah Tullamore, n’est pas en reste non plus : interprète de comédie musicale - « Le tour de monde en quatre vingt jours »  à Londres - elle est aussi par ailleurs une belle flûtiste, tout autant que sa complice soprano également, Emmanuelle Bougerol dont le talent d’actrice n’est plus à démontrer - Molière du meilleur espoir féminin dans « Les muses orphelines » - ou encore la comique et coquine Marie Charlotte Leclaire, interprète de  « Frou Frou les Bains » également nominée aux Molière.

Cerise sur le gâteau : ils sont tous sans exception de parfaits et joyeux instrumentistes pleins d’une fantaisie qui nous porte tout au long de la pièce sans que le rythme exigé pour l’exécution originale du livret n’en souffre ! Notre courageux metteur en scène redonne ici tout son sens à ce livret rendu certes très populaire, mais force est de reconnaître ici son inventivité scénographique et scénique ! Alain Sachs, en homme de théâtre averti et passionné, nous joue ainsi un drôle de tour en nous offrant dans les lieux du splendide Théâtre Antoine, cette version tout à fait renversante. On  redécouvre ainsi avec délectation cette création composée en 1866, issue du livret d’Henri Meilhac et de Ludovic Halévy  dans le plus grand respect du genre «opéra bouffe », créé par Offenbach en 1855, lorsqu’il prit la direction des Bouffes parisiens.  Le « populo » est ici très à l’honneur, n’en déplaise aux amoureux de l’opéra lyrique stricto sensu ! Bravo donc pour cette réelle prise de risque qui ne vous laissera pas insensible.

Le public est conquis !… « La vie parisienne » vous promet une  soirée festive en diable!

Depuis le 3 décembre au Théâtre Antoine.

 

Théâtre Antoine

 

Safia Bouadan

 

 

LA BELLE ET LA BÊTE

« Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie ... »

Tout n’est que poésie dans cette œuvre extraordinaire et mythique « La Belle et la Bête »,  imaginée au cinéma par le génie de Jean Cocteau et écrite à l’origine au XVIIIe par Jeanne Marie Leprince de Beaumont. L’adaptation de Guy Grimberg qui a pris soin d’en respecter le lyrisme,  reste ici magique, inattendue par ses moments de franches drôleries et féerique. Tout commence par un tableau où l’on voit un prince malchanceux transformé en créature hideuse sous l’action maléfique d’une princesse dont il a repoussé la proposition de mariage - Jean Denis Lefèvre en Bête touchante et fière en alternance avec Christophe Jeannel-.

La scène suivante nous présente un décor quasi réaliste de cirque ambulant où La Belle-joliment incarnée par Caroline Cottier-, son père- l’acteur Fred Nony, en père aimant et juste-  et le fermier Igor – David Seigneur, au jeu bien trempé-se produisent sous les yeux de la coquette, paresseuse et jalouse Bérangère, fille aînée du pauvre homme-Laetitia Richard, très piquante en alternance avec Sabine Michaud-.

Le conte s’installe alors et  nous projette dans un château fantomatique où s’activent maladroitement deux domestiques dont on se régale des scènes les plus cocasses –nos Laurel et Hardy alias Courtemanche et Tourneclou sont très bien campés par Vincent Grousseau et David Groleau- Signalons la performance comique et acrobatique irrésistible de ce dernier! Tapi dans l’ombre, le Prince devenu La Bête, règne en seigneur isolé particulièrement aigri par des années de souffrance…Une rose enchantée, arrachée à la vie par le père de la Belle, redonnera alors un sens à la sienne...

La scénographie est belle : les scènes sont ponctuées par des moments de totale loufoquerie au rythme accéléré, qui n’enlèvent rien au charme romantique  et suspendu dans le temps qui entoure La Belle et La Bête. Cette mise en scène nous plonge  dès lors  dans l’univers poétique décrit par Jean Cocteau, dont le texte ici est très bien adapté par Martine Nouvel. Le livret musical est un bouquet symphonique,  lyrique et envoûtant –le chant de La Belle est un extrait de « La chanson de Solfeg » de Peer Gynt . Notons que les costumes de La Bête, du Prince et de La Belle ont été créés  par Pierre Cardin.

Ainsi, c’est aussi beau à écouter qu’à voir…

 Ce conte plein de magie et de poésie est aussi pour tous, une délicieuse invitation au rêve…

Safia Bouadan

A l’affiche au Palais des glaces : http://www.palaisdesglaces.com/

Signalons la création Peter Pan actuellement aussi au Théâtre des Variétés

  

Article Peter Pan

 

Isabelle GEORGES et le SIRBA OCTET

 

Du Shtetl à New York : Un superbe voyage musical empreint d’amour et de vie !

Quelle formation orchestrale que ces magnifiques musiciens amoureux de la langue yiddish et témoins modernes des shetls juifs! En effet, né en 2003, Le Sirba Octet nous a encore fait vibrer ce soir là à la Cigale, par le lyrisme passionné de ses arrangements audacieux – que l’on doit à Cyrile Lehn et Yann Ollivo- et de ses interprétations musicales. L’interprète lumineuse Isabelle Georges qui les a rejoints en 2007- chanteuse remarquable et remarquée- dés son arrivée sur la scène, nous émeut en sa qualité d’ambassadrice de ce patrimoine encore vivant dans nos mémoires. Elle oscille avec une grande tendresse et une ferveur vocale peu communes entre les berceuses traditionnelles yiddish et les standards de Broadway, rappelant l’immigration en nombre des juifs persécutés de l’Europe centrale vers l’Amérique dès la fin du XIXe. Le disque issu de ce très beau travail créatif et culturel, réalisé pour le Festival d’Ile de France est récompensé par un 10 de Répertoire/Classica. Les artistes sont nombreux sur le plateau– violons, alto, violoncelle, contrebasse, clarinette, cymbalum et piano : tous sont  de brillants virtuoses balançant  entre un répertoire de musique classique, de musique de chambre ou de jazz.

Le public est fasciné, totalement séduit tout au long de ce voyage passionnant au cœur de cette culture musicale empreinte de tant de styles de nos maîtres, de la vie de nos peuples et si pleine d’émotions.

 

Safia Bouadan

 

PETER PAN


 

Comme un livre d’images animées…

La lumière tamisée d’une chambre d’enfants… Le rêve s’offre à nous : Wendy dort, Michael endormi aussi, tient serré contre son corps son inséparable nounours, John aux éternelles lunettes, l’aîné des enfants à ses côtés... Un conteur –joué avec une belle présence par Guy Grimberg, aussi metteur en scène de la pièce et de « La Belle et la Bête » à l’affiche au Palais des Glaces- s’avance doucement vers un public attentif. Il s’agit  de John devenu un homme. Il nous confie son histoire dans un retour vers le monde de son enfance: nous entrons alors dans l’univers onirique de Peter Pan-interprété par le jeune Thibaut Boidin, léger, sensible et doté d’une très jolie voix- … La magie commence…

Ce conte musical fidèle au chef d’œuvre de James Matthew Barrie, finement adapté par Martine Nouvel, nous transporte dans l’ombre féerique de Peter Pan. « Celui qui ne veut pas grandir » est venu du Pays imaginaire pour emmener Wendy afin d’offrir une maman aux enfants perdus, ses seuls amis, au grand dam de la fée Clochette.

De la romance la plus innocente aux jeux les plus espiègles… De combats acrobatiques des plus énergiques à la danse des plus gracieuses de Lily l’indienne- la talentueuse Vanessa Cailhol évolue sur une chorégraphie de Caroline Cottier-, tout est mené ici tambour battant !

Nous tous, petits et grands, sommes tenus en haleine au fur et à mesure que se succèdent dans la plus belle des fantaisies les aventures rocambolesques de Peter Pan. On se rend complice des facéties malicieuses de nos trublions en culottes courtes, ponctuées par le rire des enfants dans la salle qui se manifestent joyeusement.

La distribution est parfaite : la famille Darling, les pirates et les enfants perdus ou encore la délicate Wendy sont très justes et Christophe Jeannel, dans le rôle du Capitaine Crochet, excelle dans ce registre… Ainsi, chacun joue, danse et rebondit avec une telle joie que parfois on se croirait bien à la récré! Les scènes, la scénographie sont peaufinées de telle sorte que le voyage féerique se prolonge, ce, malgré les changements de décor par ailleurs magnifiques, réalisé par Antoine Jayez, sur une idée de Guy Grimberg, lequel est aussi à l’origine des costumes réalisés par Corinne Joubert.

Peter Pan… Un très joli cadeau à faire aux enfants !

 

Safia Bouadan

À l’affiche jusqu’au 3 janvier 2010 au Théâtre des Variétés : www.theatre-des-varietes.fr

Signalons aussi que « La Belle et la Bête » de Martine Nouvel et Guy Grimberg se joue actuellement au Palais des Glaces :

www.palaisdesglaces.com

 

 

CES ANNÉES-LÀ À SAINT-GERMAIN DES PRÉS

 

Oh je voudrais tant que tu te souviennes …

L’élégance vous va bien madame! La chanteuse et conteuse Dominique Conte nous convie ici à une langoureuse promenade dans le milieu existentialiste des années 46 aux années 60. Ici sous la voûte du merveilleux Théâtre de Nesle, celle que l’on appelle encore « La comtesse » nous raconte la quête de sens des artistes qui ont jalonné cette période de l’après guerre tels que Vian, Prévert, Queneau , Gainsbourg, Greco, Ferré… Le raffinement de son jeu parfait, sait d’emblée capter l’attention d’un public déjà presque séduit! Elle est divinement accompagnée dans son récital par trois jeunes virtuoses - dignes fils de leurs papas musiciens : Jimmy Top - à la guitare -, Thomas Ceccaldi - au violon - et Florian Satche - aux percussions.

Ce périple musical, philosophique et poétique est aussi savamment dosé d’anecdotes historiques et autres confidences intimes faites sur « Le Castor »-alias Simone de Beauvoir- ainsi appelé par son amant Jean Paul Sartre… Il nous replonge avec délice dans le Paris de Saint Germain des Prés, au cœur même de ces ambiances des caves d’antan parsemées de jazz américain et de danse be-bop où se bousculaient toujours pêle-mêle des publics aussi disparates que populaires, faits d’artistes, d’étudiants et de philosophes…

Quelle heureuse nostalgie que celle évoquée ce soir au Nesle, dans le sillage de cette culture riche de la plume de tant de nos poètes, musiciens et chanteurs, militants de la première heure …  

Cet héritage parisien tellement unique, issu de nos cafés littéraires, celui des deux Magots ou du Flore, cher à Simone de Beauvoir, hauts lieux intellectuels de la vie parisienne, circule encore aux tréfonds de notre âme et de nos mémoires ...

 « Ces années là à Saint Germain des Prés » … Un tour de chant raffiné, pavé du regard braisé de Dominique  Conte qui nous invite ici à des rêveries poétiques…

Depuis le 13 octobre au Théâtre de Nesle.

 

Safia Bouadan

 

 

Caroline LOEB

 

MISTINGUETT MADONNA ET MOI


@ Ève Saint-Ramon

Caroline Loeb : Une artiste à la gouaille généreuse … !

Le ton est donné ce 5 octobre -jour anniversaire de l’artiste- au Théâtre Montmartre-Galabru dans ce nouveau show « Mistinguett, Madonna et moi » écrit et mis en scène par Caroline Loeb avec Nicolas Vallée et Yves Coudray. Dans une envolée musicale et théâtrale fantasque et pleine de charme, cette dernière nous campe avec aplomb quelques belles célébrités du Music Hall. La chanteuse, comédienne et metteuse en scène - « Les monologues du vagin » au Théâtre Michel 2007, « La Madeleine Proust » au Rive Gauche 2008 -, nous montre ici toute sa palette d’actrice et de chanteuse de Music Hall alliant avec aisance et audace, le burlesque à la chanson populaire. Dans ce spectacle tonique et original, avec une autodérision parfaite, défilent ainsi des égéries du Music Hall telles qu’Arletty, Mae West, Zizi Jeanmaire, Mistinguett ou encore Tallulah Bankhead - actrice célèbre sur l’autre continent mais ignorée ici - …  

Caroline Loeb n’hésite pas en passant à se gausser d’elle même et de son tube « C’est la ouate », qu’elle triture musicalement par tous les bouts. Elle nous entraîne au gré de sa fantaisie dans un répertoire de titres revisités et détonants incarnés par des vedettes comme Fred Astaire, Joséphine Baker, Yvette Guilbert ou encore Madonna et elle est accompagnée par l’excellent accordéoniste, et son complice à la scène, Laurent Derache.

À la fin du spectacle, on est « à bout de rire », époustouflés par la verve sympathique de cette artiste subtile, toujours aussi gouailleuse et vraiment douée ! Caroline Loeb mène ici la danse et le jeu avec brio, parsemant son show de joutes oratoires avec le spectateur aussi inattendues que loufoques, mais toujours maîtrisées : un art difficile à manier… Elle nous présente ainsi en cette occasion, un extrait de son album « Crime Parfait », disponible depuis le 5 janvier 2009 et distribué par le site Believe. Philippe Gautier en a habillé le titre dans un très beau clip réalisé avec l’artiste et que vous pouvez déjà voir en ligne…

N’hésitez pas à venir nombreux partager l’univers pastiché d’humour et de tendresse de Caroline Loeb !

« Mistinguett Madonna et moi » est à l’affiche au Théâtre Montmartre-Galabru jusqu’en décembre, tous les dimanches à 19h.

 

 http://www.youtube.com/watch?v=p9_U_-fYtgw&feature=channel_page

 

Voir l'interview de Caroline

 

Safia Bouadan

 

 

LE QUATUOR 1084°

 

Le Quatuor 1084°C …est Dans le vent !

 

De formation supérieure classique, nos virtuoses sont tous de merveilleux solistes ou intégrés dans des formations prestigieuses d’Orchestre d’Opéra. C’est en 1998 qu’ils conjuguent leurs talents ce qui les conduira à obtenir en 2000, le premier prix de Musique de Chambre à l’unanimité au Conservatoire Supérieur de musique de Paris. Depuis 2006 par ailleurs, la compagnie « Cuivres à la carte » se charge de promouvoir leurs récitals...Leur nouveau spectacle porte un titre aussi loufoque que leur originale prestation : « Dans le Vent : un road movie musical » et il a été coécrit en collaboration avec Matyas Simon, par Frédéric Baptiste, également metteur en scène, créateur de « Déconnectées » Avignon 2004 et Estelle Bright -Avignon 2005- ou encore de Musical Suspect au Théâtre Sorano de Vincennes...

 

Ce vendredi 2 octobre à L’Espace St Exupéry de Franconville, le public était venu très nombreux pour applaudir la belle performance de Pascal Benech, tromboniste basse, François Michels, tromboniste ténor, Vincent Mitterrand, trompettiste et Marc André, trompettiste. En effet, notre quattuor en pleine prestation orchestrale –la scène d’ouverture est des plus drôles !- est obligé soudainement de fuir pour l’Espagne avec trompettes et trombones ! Nos amis comptent bien se faire oublier de la police qui les pourchasse pour un meurtre qu’ils n’ont pas commis mais l’aventure pour eux ne fera que commencer...

 

Cette trame dramatique judicieusement imaginée par les auteurs nous permet de suivre avec jubilation, les tribulations de nos sympathiques « Pieds Nickelés » en goguette, devenus pour un soir, musiciens-acteurs et danseurs de cabaret ! Ce spectacle musical vraiment pas comme les autres prend ici sa véritable dimension grâce aux concours du metteur en scène, Frédéric Baptiste et de la chorégraphe Catherine Arondel - « Chance » 2001-2009 et interprète aussi comme dans Cabaret 2006 – 2008 - lesquels ont imaginé une pièce sous la forme de tableaux originaux, teintés de poésie et d’humour,  associant un très large palmarès musical où chacun peut reconnaître les plus grands airs classiques et nos plus célèbres standards de music hall ou de films cultes !

Ce Quatuor de cuivres qui fait grimper la température à 1084°C n’a pas fini de nous faire rire !... À suivre !

 

www.myspace.com/quatuor1084c

 

Safia Bouadan

 

 

IN THE SKY WITH DIAMONDS

Étincelant


Crédit photo ©DR

Charles Moeller et Cláudio Botelho, très connus pour les spectacles musicaux qu’ils créent au Brésil, ont concocté à partir des chansons des Beatles  un vrai  petit bijou que les lyonnais ont eu le plaisir de  découvrir à la Maison de la Danse.

Dix chanteurs et trois musiciens (violoncelle, piano, percussions)  se sont véritablement appropriés ces standards des années 60 pour en faire un spectacle qui sort de l’ordinaire où l’on a parfois un certain mal à reconnaître les originaux tellement ils sont retravaillés. Mais c’est fait tellement intelligemment et avec tant de talent que même les puristes n’y trouvent rien à redire.

Les voix sont superbes et nous emmènent sur des sommets, que ce soit des solos, des duos ou des ensembles polyphoniques.

A été particulièrement applaudi le duo « Let It Be » et « Yesterday », où voix et textes s’entremêlent dans un accord d’une beauté à vous mettre les larmes aux yeux.

Pas d’histoire, un vague fil rouge tellement ténu qu’on l’oublie vite mais là n’est pas le propos. Pas de décor, juste des accessoires, chaises, gants, parapluies et autres valises mais  qui viennent souligner fort justement les effets de mise en scène.

Des lumières époustouflantes avec des pénombres et des ombres, des halos qui transpercent la brume.

Les succès s’enchaînent souvent dans l’ordre des albums, notamment la face B d’Abbey Road. C’est sublime, c’est à la fois Les Beatles et tous les souvenirs qu’ils véhiculent mais aussi complètement autre chose.

Un «Yellow Submarine»  complètement loufoque, un «Honey Pie» délirant, un «Michelle, Ma Belle » lyrique, des medleys superbes, le public conquis a tout savouré et les applaudissements chaleureux et nourris ont amené en  rappel, bien sûr un  «Hello Goodbye » repris en chœur par toute la salle.

 

Nicole Bourbon

 

QUILAPAYUN

Des chants pour se souvenir

 

Les voilà, les Quilapayun, ce groupe chilien fabuleux qui porte la voix des disparus, des victimes de la dictature chilienne depuis tant d’années.

Ils entrent en scène, vêtus du poncho noir des muletiers des Andes, et déjà une immense ovation monte de la salle. Pour ce qu’ils sont. Pour ce qu’ils représentent. Pour saluer 45 ans de combats. Et aussi un talent unique.

Une grande émotion planait sur le Châtelet pour ce concert exceptionnel dédié à Victor Jara, chanteur, poète et compositeur engagé, qui fut leur directeur artistique de 1966 à 1969.

Les chants se succèdent  et la magie opère. Les voix puissantes aux harmonies vocales prestigieuses  transportent le public bien loin de Paris, il n’est nul besoin de connaître l’espagnol, on ressent tout ce qu’ils veulent nous dire, et les images défilent dans les têtes, portées par la musique.

Retour aux années sombres du Chili avec le coup d’état des généraux emmenés par Pinochet, les arrestations, les tortures, les assassinats dont celui de Victor Jara.  En ce terrible jour du 11 septembre 1973, les Quilapayun étaient en concert à Paris, ce qui leur a sans doute sauvé la vie.

Et c’est la ville de Colombes qui leur offre asile, quel symbole !

Ils deviendront les porte-paroles de tout un peuple, portant haut les valeurs de liberté et fraternité dans le monde entier. Sauf, le cœur déchiré, dans leur propre pays qu’ils ne retrouveront qu’en 1988 après le retour de la démocratie.

Depuis chacune de leur apparition est un événement. Pour eux, avec le temps qui passe, il est de plus en plus important de transmettre, de porter le flambeau du souvenir. Le devoir de mémoire sous-tend leur existence.

Mais ils sont aussi poètes, musiciens et ils font également partager tout le patrimoine culturel du Chili, avec  son folklore, ses instruments particuliers comme les charangos, bien loin de la prédominance de la musique anglo-saxonne.

Le public est comme envoûté. L’émotion est palpable et atteint son paroxysme avec en final le célèbre chant emblématique « Venceremos ». Toute la salle est debout, et l’ovation  se prolonge, c’est comme une vague qui submerge tout ;  par delà le Chili c’est la voix de tous les opprimés  sur terre qui s’est faite entendre. Nul besoin de mots.  La musique est universelle. Toujours. Siempre.

 

Nicole Bourbon

 

En savoir plus :

http://www.quilapayun.com/

 

 

Jean de la Lune…


Un hymne poétique et lunaire pour les petits et pour les grands!

Jeannot et Jeannette dans ce conte musical plein de poésie nous font revivre ce beau théâtre de marionnettes si cher à notre culture et à notre enfance…

Le théâtre de Jean De la Lune est frappé d’un arrêt de destruction pour devenir un garage. Déjà nos deux complices sont sur les lieux, et la magie de leur imaginaire, sous les notes de la célèbre comptine issue de ce personnage lunaire  opère, car Jean de la Lune ressuscite sous nos yeux. Il nous emmène alors dans une aventure où se croisent un géant, la maison citrouille, et dans un effet d’illusionnisme réussi, apparaissent en ombres chinoises ou en lumière noire, l’Ogre de Barbarie, mangeurs d’enfants et la fée Zélée.

Ce conte éducatif, merveilleux et spirituel dont la seule prétention est de nous faire rêver, est servi par deux acteurs passionnés de ce genre, comme la très romanesque Amala Landré dont le papa, Patrice Landré, auteur compositeur a écrit l’histoire et la musique pour la scène au côté de sa maman, Oona Hodges, actrice et chanteuse. La jeune Amala, interprète du célèbre « violon sur le toit », et de «  Rutabaga Swing » ou plus récemment d’«Audimat » porte ce spectacle lunaire avec beauté aux côtés de son compagnon Arnaud Denissel, excellent par ailleurs en Jeannot, déjà remarqué aussi dans « les années Twist » ou dans « Le soldat rose ».

Ainsi Jean de la Lune, un conte aux multiples effets créé par la compagnie Patchwork, mis en scène et en décor avec ingéniosité par James Hodges, n’a pas fini de nous éblouir!...

 

Safia Bouadan

 

 

La Traviata


 
Photo Jean Pierre Maurin

L’Opéra de Lyon a choisi la mise en scène  épurée de Klaus Michaël Gruber disparu en 2008.

Créée en 1993 au Châtelet, à Paris, elle avait alors soulevé la polémique.

Seize ans plus tard, le public semble plus réceptif.

Il est vrai pourtant qu’elle est surprenante. Cette vision austère et dépouillée, bien loin des fastes habituels, crée une intimité dérangeante, dans une atmosphère sordide et oppressante.

Minimaliste, elle n’autorise aucun geste amoureux, pas une étreinte, paradoxale dans une œuvre où l’amour domine. De ce fait, elle met en évidence le caractère esseulé de cette femme, victime consentante d’une société puritaine, davantage que le côté courtisane frivole  traditionnel.

Violetta est toujours isolée des autres, particulièrement dans la scène avec  Giorgio Germont le père, où un rideau transparent les sépare telle la barrière infranchissable des classes sociales auxquelles ils appartiennent.

Le ton est donné dès le premier tableau.

Dans les versions plus « classiques », il est gai, coloré, animé.

Là, dans un éclairage de veillée funèbre, une assemblée d’hommes et de femmes uniformément vêtus de smokings noirs,( symbole d’un monde dominé par les hommes ?) se tiennent immobiles  sur leurs sièges alignés. Pas de plaisir, mais l’impression saisissante d’une société qui s’ennuie à mourir sous les apparences de la fête. Côté cour, une femme nue immobile, signe que la chair est triste ou référence à l’Olympia de Manet, dont elle partage le regard fixant le public et la main cachant le sexe.

Les décors sont magnifiques, dépouillés, très picturalisés, branches d’arbres évoluant selon les scènes. Très en accord avec l’Opéra de Lyon, rénové en 1993 par Jean Nouvel, écrin sombre pour un spectacle noir.

Violetta est interprétée par Ermonela Jaho.

Soprano aux aigus éclatants (trop ?), son timbre strident laisse place à une voix susurrée bouleversante, magnifique dans les demi-teintes (« Ditte alla giovane »). L’ensemble manque du coup de sensualité, d’émotion, au profit de la virtuosité. C’est particulièrement sensible dans le final tronqué.

Reste la musique de Verdi, simple, efficace, une succession de grands airs qui remuent l’âme.

 

Nicole Bourbon

 

 

Pinocchio...Un conte vraiment merveilleux, tendre et burlesque!

 


© Olivier Bernard

Les Elfes et la fée des bois sont-ils venus au Trianon pour nous enchanter? La réponse se lit dans l’éblouissement des lueurs dorées, volées dans le regard des touts petits mais aussi des grands, lorsqu’ils découvrent ce nouveau spectacle musical « Pinocchio » mis en scène avec recherche et beaucoup de majesté par Sébastien Savin. Sur un livret de ce même auteur de qualité, ce conte aussi féerique qu’éducatif, nous transporte dans le bois magique gardé par les créatures de la forêt et protégé par la très belle fée des bois, interprétée par la charmante et délicate actrice et chanteuse Florence Trinca, également parolière des chansons. Ces dernières par ailleurs ont été composées par Jérémie Champagne –campant un truculent Elfe aux drôles de facéties, aussi la conscience de Pinocchio .Les titres ont été arrangés par son complice, le compositeur Raphael Bancou. Là, dans un petit recoin perdu au milieu des bois, demeure le noble Gepetto, le très convaincant comédien Alain Wilmet, pauvre de condition mais grand par le cœur, lequel aime les arbres au point de ne jamais les couper. Mais un jour dans sa solitude, il décide de se faire un pantin de bois avec les branchages morts. La fée, touchée par son désir d’avoir un fils transforme alors la marionnette en un vrai petit garçon. Mais Pinocchio ainsi dénommé par son papa, a tout à apprendre de la vie pour le devenir un jour !...Dans cette jolie pièce, nous suivons les mésaventures de Pinocchio,  désobéissant  mais généreux, lequel est joué et chanté avec grâce et sensibilité, par la jeune Chloé Pimont. Nous partons entre autre à la rencontre de Mister Fox le Renard, interprété par l’excellent David Eguren, acoquiné de son compagnon, le Chat, malicieux et drôle, l’acteur Jean Paul Delvor, et d’un triste compère, Mr Scampoli, le maître des marionnettes, que ce dernier expose chaque jour dans sa foire et dont il tire gaillardement profit ! Citons à ce propos  la délicieuse Mimipadroite, Cécile Nodie parfaite dans ce rôle, laquelle réchappe de justesse au bûcher! Ainsi  pendant plus d’une heure, on suit les tribulations de ce pauvre Pinocchio, à la recherche de son père dont il finira par sauver la vie. Les costumes et  la scénographie  sont signés de Pierre Caumon, soutenu pour le visuel par Franck Harscouet et musicalement par le pianiste Arnaud Jules. Si vous l’avez manqué ?...C’est sûr …Vous ne tarderez pas à croiser de nouveau sa route!

 

Safia Bouadan

 

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www.myspace.com/pinocchiolemusical

 

 

TISMEE : Mama Africa, on t’aimera toujours !


Le soleil brille au plus haut de son zénith dans ce spectacle musical très original métissé de poésie ethnique, de quête initiatique et de valeurs humanistes. Quelle fraîcheur ! Ces trois acteurs de qualité, Félix Sabal-Lecco, Khalil Maouene et la merveilleuse actrice danseuse chanteuse Aurélie Konaté sont d’une spontanéité et d’un naturel qui touchent au cœur même de l’être… L’âme du spectateur a battu ce soir au Théâtre de l’Européen, au rythme de la très belle musique traditionnelle écrite par Khalil et Félix, aussi comédiens de cette pièce si particulière. Le livret de Bruno Fougnies est d’une justesse et d’une beauté littéraires peu communes et la connaissance qu’il a du problème identitaire africain est étonnante, venue de la part de cet artiste européen ! La parolière Lùa Jù illustre avec  beaucoup de talent la musicalité de l’ensemble servi par la lumière de Tom Klefstad et un décor sobre certes mais très présent dans ces tableaux tour à tour réalistes ou oniriques chorégraphiés par l’excellent Bernard Lebeau. Quant à Rubia Matignon, plus qu’une metteuse en scène, c’est en véritable maître d’œuvre qu’elle a su donner la touche essentielle à ce petit bijou qui ne restera pas longtemps ignoré du grand public, lequel ressort heureux et fier de ce vibrant hommage fait à la nature humaine , et à nous tous, citoyens du monde. On se sent l’âme voyageuse dans ce Tismée très émouvant et si plein de vérité… Cette petite et joyeuse troupe sera dès le 18 septembre à l’affiche au Théâtre de la Reine Blanche, très joli lieu niché dans le 18è arrondissement parisien… Alors n’hésitez pas à embarquer sur « Le Tisménie » !

 

Safia Bouadan

 

Voir l'interview des comédiens

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www.myspace.com/tismeeofficiel

 

 

 

MARLÈNE D.

Marlène et Marlène ?... Marlène sera toujours Marlène !

 

Quelle étrange vision que celle de Quince arrivant sur la scène pour incarner la grande Marlène Dietrich, l’impétueuse et mystérieuse diva venue de Berlin, laquelle au cours de sa carrière  tombera éperdument amoureuse de l’acteur français Jean Gabin au point de le suivre sur le front de guerre et elle passera les dernières années de sa vie recluse dans son appartement parisien! …C’est avec une surprise aussi intense que  la fascination qui l’accompagne, que le public découvre ce soir là, au 20è Théâtre, cette œuvre touchante et vraie « Marlène D » mise en scène par Riccardo Castagnari. En effet, cet acteur italien de très belle sensibilité nous offre avec générosité et poésie, sa composition dramatique et sa vision esthétique des épisodes véridiques mais méconnus du public de la vie de Marlène D  : ses rituels artistiques et humains, ses caprices et ses manies, ou encore les souffrances vécues par la star dès les premières lueurs de la gloire…Dans une atmosphère volontairement cinématographique, ce comédien chanteur nous enveloppe de sa voix et de sa gestuelle, de manières si fines et féminines qu’elles en deviennent troublantes. Il est accompagné par son pianiste Andréa Calvani, lequel joue dans ce spectacle musical, le rôle de Burt Bacharach, un auteur compositeur de génie et ami intime de l’actrice. Quince réussit ce tour de force de conquérir  un public de non initiés qui se laissent petit à petit gagner par la beauté et la fulgurance des jeux et facettes cachés de la vie mythique de Marlène Dietrich, ainsi réincarnée pour un soir. « Marlène D » a été adaptée par l’artiste de talent, Laurent Bàn, Marius 2009  de la meilleure adaptation d’œuvre musicale du festival des Comédies Musicales de Paris dirigé par Matthieu Gallou. Elle a été traduite de l’italien avec la complicité de l’actrice et chanteuse italienne, Chiara Di Bari. Ajoutons que cette pièce a été découverte en France l’été dernier au Théâtre Le Lucernaire, et un DVD a été édité depuis chez L’Harmattan. Ce spectacle musical déjà connu en Italie et en Amérique Latine est écrit en trois langues, en italien, en français et en espagnol. Il est ainsi à l’affiche au 20è Théâtre depuis le 7 juillet 2009dans le cadre du festival. Marlene D… ? Un rêve qui  vous fera vibrer !…

Safia Bouadan
 Voir interview de Quince, Chiara, Laurent

 

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 http://www.myspace.com/QUINCEmarlene

 

SWINGING LIFE

SWINING LIFE …Nos vies, nos états, nos amours !

 

Swinging Life revient !  Après le succès que ce spectacle musical a connu au Trianon le 21 mai puis le 25 mai à l’Alhambra, la troupe talentueuse se réinstalle entre le 2  et le 31 juillet à l’Alhambra pour une quinzaine de dates.

Swinging life est avant tout une fresque musicale humaine, riche et drôle qui décrit à travers le choix de tableaux illustrés par des standards de comédies musicales célèbres de Broadway, l’époque noire américaine de l’entre deux guerres aux années soixante dix. Lorsqu’on interroge son metteur en scène Jean Michel Fournereau, lequel est un artiste complet, et dirige le festival NotenBulles et l’Orphée Théâtre depuis plusieurs années à Auray, ce dernier nous  répond : «Lorsque Valery Rodriguez m’a proposé de mettre en scène son spectacle, c’était pour moi un défi à la fois enthousiasmant et angoissant ! » Et on le comprend  car sur la scène, un orchestre joue en live ,il est composé de cinq musiciens, Alex Poyet, à la batterie, Pascal Vaucel à la guitare, Clément Blumen, à la basse et Jean François Fierling au saxophone et Christian Jambois au clavier. Ils sont entourés de huit acteurs chanteurs danseurs, généreux dans leur jeu et véritablement plein de ressources ! «  ... L’idée était de créer un spectacle très contrasté, d’alterner drôlerie et émotion, d’avoir, même sans « scénario », des personnages récurrents auxquels le public peut s’attacher, et tenter de parler de choses sérieuses sans se prendre au sérieux,  et surtout toujours mettre en valeur cette musique envoutante et ces voix incroyables » commente Jean Michel. Ce pari est ainsi réussi : le public suit ce spectacle-revue, originalement chorégraphié par Valérie Masset et dirigé musicalement par Jan Stumke avec plaisir et avec une curiosité toujours plus grande :celle de mieux découvrir  la musique et les moeurs noires américaines de ces époques. Pour finir, les spectateurs sont galvanisés par les rythmes entraînants et le dynasmisme prenant des acteurs : citons Valery Rodriguez, le créateur et l’auteur du livret, Matthieu Boldron ou Thierry Picaut et les actrices Nelly Célerine, Mélina Mariane, Anandha Seethanen ou Mélina N’Poy. On se retrouve donc à chantonner sur un blues troublant et à gesticuler, pour ne pas dire danser, sur une musique endiablée de jazz, de soul music ou de Rythm n’blues… Et comme nous le dit fort bien le metteur en scène : « Quant aux nombreux gags qui rythment le spectacle, ceux là sont, je crois,  immédiatement bien perçus  ! La petite guerre entre les deux maquereaux, les jeux de séduction des deux romantiques, le curé qui planque du whisky dans sa bible, la prostituée qui compte le nombre de passes, en tapotant sur une calculatrice, tout en enchainant les positions avec ses clients, les anges qui se tapent dessus. ». La seule difficulté soulevée par un tel spectacle, interprété qui plus est dans la langue, en reste la compréhension auprès de notre bon public ! Jean Michel  nous répond alors à ce sujet : « Sans doute que les spectateurs ne voient pas forcément tous les « signes »  proposés… Mais par contre, j’ai la conviction que toutes ces petites scènes,  qui évoquent, par exemple, la ségrégation dans un bus (Take the A train),  les « Blackfaces » et Al Jolson, la femme africaine qui s’en « remet » à l’Ange (en peignant « you’re the boss » sur son torse), le tirailleur sénégalais avec l’image d’ une boite « Banania » posée sur une veste d’uniforme, comme un hommage aux soldats noirs qui ont servi de chair à canon… toutes ces histoires (et d'autres) , que nous avons travaillées en répétition, ont permis aux interprètes d’avoir de vraies situations à jouer  et de pouvoir alors laisser s’envoler leur imaginaire et leur sensibilité… Ils sont sur scène, tous, toujours très présents, très expressifs et touchent beaucoup le public… Alors… peu importe si on ne voit pas tout ce qu'il y a derrière… »

Oui, peu importe !…  Le souffle d’une vérité historique pas si lointaine, celui du passé et des cultures des peuples noirs américains,  passe entre les murs de l’Alhambra  !Il nous imprègne pour une soirée enivrante d’un parfum musical aux accents exquis…La joyeuse troupe vous attend à L’Alhambra dés le 2 juillet et jusqu’au 8 puis du 15 au 31 juillet  à 20h30.

 

Safia Bouadan

 

 

Visitez leur site :  www.myspace.com/swinginglifemusical

 

 

 

 

CHANCE

 

 

Chance….le bon numéro !

 

Tout a été dit ou presque sur cette comédie culte qui vient tout juste de fêter sa neuf centième en mai dernier au Palais des Glaces à Paris! Dès le début, on se trouve enveloppé dans une bouffée de fraîcheur qui vous emmène…dans un  cabinet d’avocats où tout peut arriver. Hervé Devolder, auteur-compositeur et metteur en scène signe là une œuvre particulièrement fleurie et bon enfant, avec la seule volonté de nous faire passer un heureux moment…Et ça marche depuis huit ans déjà ! Créée le 3 juillet 2001 au Théâtre Dejazet, ce succès populaire est pourtant issu d’une petite production, ce qui n’est pas coutume et il n’est pas prêt de s’arrêter !... Ainsi Chance renoue avec la belle tradition  des opérettes légères d’Offenbach, mais aussi avec les films musicaux de Jacques Demy et de Michel Legrand. Les acteurs sont toujours aussi bien distribués malgré de nombreuses alternances qui plaisent au public, lequel revient plusieurs  fois pour voir une nouvelle formule toujours plus colorée de ce spectacle déjanté. C’est une vraie récréation où chacun s’amuse, où tout le monde chante et danse sur des airs parodiés et sur des textes et tableaux décalés voire loufoques. Le rideau s’ouvre sur la musique qu’égrène le piano, servie alternativement par Hervé Devolder ou Stéphane Corbin. Ils sont soutenus tout au long de la pièce par les guitaristes Jean Pierre Beuchard ou Duck . Ce choix acoustique des plus heureux permet ainsi une mise en train dramatique plus soignée pour les acteurs  qui chantent en direct.

 

Tout commence dans ce cabinet d’avocats au petit matin où s’agitent  Agnès, la secrétaire paradoxalement toujours en retard et maladroitement amoureuse de son « Boss », le patron Henri , un avocat sans scrupule,  une jeune stagiaire, Nina, secrètement  malade,  ignorée de tous ses collègues sauf d’Etienne, un jeune avocat amoureux de Paris, sans expérience,  Kate, la secrétaire bilingue américaine  sous le charme d’un coursier, un habitué des lieux, épris de liberté. Tout ce beau monde joue au loto et se raconte ses états d’âme, jusqu’au jour où le coursier leur annonce qu’ils ont gagné le gros lot … quatre vingt dix neuf millions d’euros à s’offrir en partage!...Chacun va pouvoir vivre son rêve jusqu’à l’épuisement : Kate va faire la fête,  la jeune Nina, se payer des soins pour guérir et rester tout simplement parmi les vivants.

 Derrière une apparente légèreté du livret et des chansons, le spectacle est empreint de valeurs sociales et humaines claires et la bonne humeur est au rendez vous. L’argent ici, loin de rendre ces chanceux employés, égoïstes et blasés, leur ouvre les portes du cœur. Le cabinet se transforme en start-up caritative sous nos yeux ébahis et tous défilent habillés en haute couture sous les éclats de rires et les applaudissements nourris du public…Chance fera à coup sûr votre joie à défaut de votre fortune ! Alors n’hésitez pas à retrouver cette troupe sympathique,  au Palais des Glaces tout cet été.

 

Safia Bouadan

 

En savoir plus

www.chancelespectacle.com

Voir l'interview de Franck et Hervé

 

LES SEAGIRLS

 

Quelle pêche !

Elles sont quatre. Quatre qui nous mènent à un train d’enfer pendant plus d’une heure, nous promenant au gré de leur pousse-pousse dune vingtaine de chansons en délires. Portant coiffures et costumes improbables regorgeant de plumes, couettes et nœuds, leurs mimiques caricaturales, leurs jeux de mots incongrus, paraissent improvisés mais on sent bien un jeu de scène précis au millimètre.

Leurs musiciens, un contrebassiste et un guitariste, n’hésitent pas de temps à autre à leur renvoyer la réplique.

Mais ces quatre-là sont complètement déjantées et semblent n’en faire qu’à leur tête, n’hésitant pas à jouer avec le public.

Les sujets choisis pour leurs chansons sont inattendus.

C’est ainsi qu’elles peuvent s’emparer joyeusement du thème tant et tant utilisé de Paris pour en faire un Paris porcherie entrecoupé des airs du répertoire, effet comique garanti.

Elles nous parlent aussi des sacs de dame, d’un vieillard palace à faire frémir, d’une bergeronnette dans la bouse, d’amantes religieuses, nous font un numéro de fakir inénarrable, utilisant au fil de leur inspiration, ombrelles, éventails ou moustaches. Se demandent où sont passés les hommes. Et n’hésitent pas dans un savoureux morceau plein de jeux de mots à nous dire, contrairement aux apparences, qu’elles n’ont pas la pêche !

Bref, si un soir vous n’avez pas le moral, allez voir les Seagirls, c’est un remède garanti contre le spleen.

 

En savoir plus : www.les-seagirls.com

 

FRÈRES JACQUES ...DORMEZ-VOUS ?

 

INOUBLIABLES FRÈRES JACQUES !

 

Quel joli hommage que celui rendu aux merveilleux Frères Jacques par ces quatre comédiennes chanteuses, parfois aussi danseuses et par une pianiste décidemment très complice! Que de tendresse dans ce spectacle musical et poétique dont Marièle Chartier a imaginé le concept.

Vingt deux chansons du répertoire de ces artistes cultes sont ainsi visitées le temps d’un voyage au cœur de nos mœurs les plus familières et de notre quotidien. De l’enfance au monde adulte, le spectacle commence sur les bancs de l’école, animé par un écran cinéma et une bande son où défilent couleurs et jeux de mains dans un manège tourbillonnant et fantaisiste. Quatre demoiselles aux coloris primaires et joyeux défilent ainsi l’air malicieux, sous nos yeux ravis. Les tableaux théâtraux et les fantaisies vocales aussi riches que colorés s’enchainent tour à tour, dans un jeu de passe-passe continu. Il est cependant à regretter dans le travail de la mise en scène, un manque de liants dramatiques entre certains tableaux, voire une césure artistique et technique, ce, malgré la distraction festive créée par le support visuel et sonore, ce qui a pour conséquence de déconcentrer un tant soit peu le public pris dans un certain enchantement.

On peut se poser la question sur le choix judicieux du titre de ce spectacle parrainé par l’un des Frères Jacques, Paul Tourenne : est-il réellement le plus à propos dans le sens où chacune réinvente un nouvel univers, dans une sensibilité néanmoins proche, mais sans véritablement reprendre l’identité esthétique et unique des Frères Jacques. De fait, ces artistes-femmes, ont trouvé une création artistique et expressive bien à elle, par leur propre personnalité, leur présence corporelle, leur gestuelle, leur tessiture et leur jeu chorégraphique .Un très joli moment donc qui vous mettra le cœur en bandoulière! À suivre…

 

Safia Bouadan

En savoir plus :

Frères Jacques… Dormez-vous ?
Facétie musicale par les FranJines
Avec : Myriam ALLAIS, Marièle CHARTIER, Angélique DESSAINT, Eve DRUELLE
Pianiste : Sophie RIEGE
Collaboration artistique : Camille TURLOT, Pierre GRIBLING
Création lumières : Eric PELLADEAU
Création costumes : Clothilde PEYRAT, Coraline MURAT

Prolongé jusqu'au 2 mai du mercredi  au samedi à 19h30 au Petit Variété,

puis au festival d'Avignon 2009 au théâtre du Bourg neuf

HAIR

 

Monsieur le président, je vous fais une lettre…

« Hair, une comédie musicale sociale et bouffonne au sang neuf ! … On connaît le prix des choses mais pas leur valeur ».

Dès le début, le ton est donné. Point de remake ici du film de Milos Forman, ce qui explique la réaction hésitante d’un public dérouté… mais une vraie toile sociale et réaliste de la vie d’un groupe de révoltés de nos jours, épris de liberté, en quête d’amour et de vérité, valeurs qu’ils recherchent à travers les préceptes du mouvement hippie, drogue, sexe, paix et amour. Cette communauté de jeunes forme « L’Aquarius », une tribu jouée par des artistes chanteurs, danseurs et interprètes de talent. On retiendra entre autre la performance vocale de Woof, dans le personnage de Margaret, ou celle de Yoni Amar en véritable guide de conscience du public.

Les deux rôles principaux, ceux de Claude Bukowski et de Berger sont tenus avec justesse, respectivement par Fabian Richard et Laurent Ban, dont l’intelligence artistique, la palette de jeu dramatique et la qualité de la voix ne sont plus à démontrer. L’un, Claude, campe une victime de la militarisation de la jeunesse envoyée de force à la guerre. C’est une référence rappelant le conflit américain du Vietnam qui a duré des années et où chaque famille américaine sous le choc, s’est retrouvée en deuil d’un ou de plusieurs des leurs. Cela avait été l’origine d’un immense mouvement contestataire aux Etats-Unis et dans le monde. L’autre personnage, Berger (dont le nom dans le spectacle est tourné en dérision par le vocable Hamburger) est le leader du groupe. Il reste très lié à sa communauté au sein de laquelle il vit. Claude va lutter jusqu’à la fin, pour éviter la confrontation à la guerre et à la mort, avec le soutien constant de Berger et de la Tribu, l’Aquarius. Tous ces jeunes sont guidés par leur foi, et un clin d’œil est d’ailleurs fait dans plusieurs scènes au New Age, souffle spirituel venu de l’hindouisme et du bouddhisme.

Les tableaux sont tous volontairement bouffons et illustrent parfaitement le propos de cette pièce amusante et satyrique avec notamment pour le tableau du cabaret de music hall, une pointe mordante sur le comportement des riches bourgeois et autres consommateurs de mort. Mais le parti est pris de se gausser de chaque situation dramatique, malgré quelques tableaux romantiques, tels celui où Sheila, bien campée par la jeune Liza Pastor, amoureuse de Berger, est rejetée par ce dernier, ou encore scène des plus émouvantes, la confrontation de Claude avec ses parents, où sa quête d’idéal se heurte à la rigidité des siens.

La tentative des créateurs est bien ici d’adapter ces événements à nos jours. Le metteur en scène Ned Grudjic et l’adaptateur Sylvain Meyniac ont souhaité cependant respecter le langage, le gestus et les titres de la comédie musicale originale découverte à Broadway en off en 1967 et jouée en 1968 en In avec succès là bas, puis en France en 1969, au théâtre de la Porte St Martin avec Julien Clerc ou Gérard Lenorman. Sylvain Meyniac nous explique entre autre la difficulté qu’il a rencontrée dans le fait de traduire le langage parlé à l’époque, le « slang », afin de rendre le livret compréhensible et accessible au public d’aujourd’hui.

Les costumes sont enlaidis et hors mode volontairement. On retrouve seulement à la fin la tenue hippie typique. Le décor est une sorte de bloc de béton, qui n’est pas sans rappeler le mur de Berlin, ou encore les rencontres tribales des groupes « underground » ou autre « ravers » dans les entrepôts désaffectés de la capitale allemande ou dans nos villes européennes. La scénographie est d’ailleurs soutenue par les grilles lumineuses, tour à tour blafardes, kaléidoscopiques, dans des tons primaires ou unicolores. Les chorégraphies de Raphael Kaney Duverger, où les corps s’enchevêtrent formant un magma constant, pourraient cependant après coup étouffer le jeu théâtral, le propos voire le sens de la pièce, notamment dans la première partie. La musique s’écarte de fait du mouvement pop, rock et groovie issu de l’époque « Woostock », afin de donner du relief et de la modernité à l’ensemble.

Ainsi, ce qui pourrait nous déplaire dans cet « Hair » peu conforme, ne serait-il pas là en fait pour nous plaire? Telle est la question… illustrant aussi la jolie référence dans ce spectacle aux fameux vers de la pièce de Shakespeare, « Hamlet ». Il y a, c’est sûr, dans cette comédie musicale, une certaine volonté de porter le spectateur vers une prise de conscience et au final, cela marche…La sympathique troupe part en tournée française puis en Belgique, en Suisse… Mais elle nous reviendra dans un an en terre parisienne.

Et aux dernières nouvelles, suite à l'accueil enthousiaste du public,  du 16 au 26  avril 2009 au Trianon du mardi au samedi à 20h et dim 15h30

Safia Bouadan

 

En savoir plus :

http://spectacle.hairmusical.fr/

 

UNE JOURNÉE HYPER

 

©Compagnie Peut-être

Un jour comme les autres…peut-être

 

Ce spectacle musical créé à partir de la pièce radiophonique de Caroline Vignal, est interprété par la Compagnie « Peut-être » dirigée par Olivier Desmaris.

Il nous fait partager la vie d’une grande surface un jour qui devrait s’écouler comme les autres.

 

Le rideau est tiré. Devant lui, un portant où pendent les uniformes des caissières et manutentionnaires, symbolise les vestiaires.

Il est mauve comme les gilets du personnel et comme nous le verrons ensuite, les chariots, paniers  et divers accessoires.

Mauve également comme la camionnette de la Compagnie aperçue devant l’entrée de la salle.

 

Les employées arrivent, se changent en discutant ; on voit immédiatement que l’une des caissières est une syndicaliste fervente.

 

Le rideau s’ouvre ; on pénètre dans le supermarché.

Caisses, banques des rayons boucherie et fromages, accueil, piles de marchandises tombant du plafond et représentant les allées, le décor  fait preuve de réflexion et d’imagination, les musiciens s’y intègrent parfaitement.

Clients et personnel se croisent, chantent, dansent, personnages caricaturaux d’une  réalité transposée à l’extrême : parents débordés par leur progéniture en plein caprices, consommateurs frénétiques, voleurs, personnel épuisé, tout y est ,  y compris  le « méchant patron ».

Quelques voix, magnifiques, se détachent du lot. Un regret : la batterie, trop forte, couvre parfois les paroles.

Les ballets sont au cordeau, avec certains automatismes  représentant la monotonie du travail.

 

Et puis tout bascule.

On apprend la mort de la jeune Karima, morte congelée dans la chambre froide où elle s’était cachée pour fumer une cigarette en dehors de sa pause !

La syndicaliste s’empare évidemment de l’affaire, organise une minute de silence et un discours en plein magasin au grand dam du patron.

 

Tout cela ne se prend pas au sérieux, est émaillé de notes fantaisistes, de jeux de mots et boutades, sur une musique très dynamique.

Dommage que l’énergie dont toute la troupe fait preuve dans les parties chantées et dansées, s e disperse et s’éteigne même parfois dans les scènes jouées, ce qui casse trop souvent le rythme de la pièce.

Un petit effort de ce côté-là  finirait d’en faire un spectacle tout à fait réjouissant.

 

En savoir plus

www.myspace.com/compagnie_peutetre

 

L'ANNEAU DE LA ROSE

 

© Jacques Ricard

De la musique, du rêve et des rires

On trouve tout dans ce conte musical, du rêve, de la poésie, de la philosophie et de l’humour.

Paris de nos jours : Anietta de las Torres, jeune cantatrice, se fait attaquer par des manifestants au sortir d’une audition réussie. Elle s’évanouit et se retrouve au XIIème siècle à Tolède. Ce voyage dans le passé lui permettra de retrouver ses origines, elle qui n’en avait pour tout repère qu’un anneau d’émeraude.

Safia Bouadan, auteur, compositeur, metteur en scène et comédienne d’origine andalouse-berbère, a mis beaucoup d’elle-même dans ce spectacle. Cette quête identitaire nous délivre un message d’amour et de paix au travers des aventures de la jeune Anietta, par delà les frontières et les époques. C’est ainsi que l’on pourra identifier Tolède à Jérusalem et les guerres du XIIème siècle à celles d’aujourd’hui.

Les costumes et la musique superbement servie par deux musiciens exceptionnels nous emmènent sans peine dans ce voyage onirique, parsemée de scènes loufoques. Un peu déconcertantes au premier abord, elles donnent finalement des respirations au thème qui aurait pu sans elles être un peu lourd. Elles sont magistralement interprétées par l’excellente Titi Dreyfus très en forme qui campe une diablesse irrésistible.

Safia Bouadan signe là un opus hors du temps et des sentiers battus que l’on pourra découvrir si ce n’est déjà fait le 27 février prochain à 21 heures et le 22 mars à 18 heures toujours dans la charmante salle de la Reine Blanche à Paris.

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Myspace

 

 

TANGOPERA

 

Quand la musique est bonne

« TangOpéra » est présenté comme « un croisement musical autour du Tango, du jazz et de l’Opéra, avec un pianiste brillant et deux voix étonnantes et rares. »

Au début, le pianiste est seul en scène. Il nous annonce une conférence sur les origines du jazz et commence à jouer brillamment. Son exposé va vite être interrompu d’abord par un chanteur de tango puis par une diva, voulant chacun présenter sa spécialité. La conférence deviendra alorsexposé sur le jazz et sa liaison avec le tango et l’opéra.

Ce thème va donner le prétexte à trois artistes talentueux de faire valoir les meilleurs morceaux de leur répertoire.Quel plaisir que d’entendre dans un même spectacle des airs aussi variés que Old man River , When the Saints, la Veuve Joyeuse, le Barbier de Séville ou Ballade pour un fou.On retrouve l’esprit des cabarets argentins, tel qu’il existait dans les célèbres Café Concert qui maniaient avec talent l’autodérision et l’esprit festif. Sans jamais se prendre au sérieux, les trois artistes ont su faire partager leur enthousiasme sans pour autant sacrifier une interprétation vraiment impressionnante.

Il faut dire que chacun est une « pointure » dans son domaine.

La Diva, Anahi Scharocsky, magnifique soprano colorature, tourne actuellement en Europe. Elle se produit dans d’importantes salles de concert également à l’aise dans des répertoires aussi divers que musique baroque, musique sacrée, musique espagnole, musique d’opéra et musique de chambre en général. Elle interprète le célèbre et si difficile air de la Reine de la nuit dans la Flûte enchantée avec une aisance époustouflante.Seul reproche : elle écrase un peu son partenaire tant sa voix est puissante.

Juan Ramos, avec sa voix de ténor, est aussi à l’aise dans l’opéra que dans le tango. Prix révélation jeune voix à Buenos Aires, il y anime une émission de télévision et est également professeur de technique vocale. Également danseur et comédien, il est parfaitement à sa place dans ce type de spectacle. Sa version de Ballade pour un fou donne réellement le frisson.

Fernando Albinarrate, le pianiste, est également compositeur et chef d’orchestre. Sa technique parfaite lui permet toutes les fantaisies, comme dans la sonate qu’il a créée : la Salade, ainsi nommée car elle réunit tous les styles. Dans cette œuvre éblouissante, jazz, tango et opéra vont se rencontrer dans une osmose parfaite, donnant la pleine mesure de la virtuosité de l’interprète.

Plus qu’une liaison ce spectacle estune redécouverte de la non frontière des musiques et de leurs manières infinies de se lier.

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http://alemore.club.fr/TOAccueil.html

 

SOUINGUE SOUINGUE

 

Dix ans après

 

« Souingue » avait été un grand succès il y a dix ans.Après diverses aventureset expériences, la même équipe se retrouve pour « Souingue, souingue ». Ce nouvel opus a obtenu le Marius du Meilleur Musical année 2007 catégorie spectacleau Festival des Musicals de Béziers en février 2007.

Le quatuor vocal et le trio de musiciens n’ont rien perdu de leur talent. C’est toujours avec la même pêche, la même perfection musicale dans une influence jazzy qu’ils revisitent les airs d’autrefois dans ce qu’ils appellent « une anthologie peu scrupuleuse de la chanson drôle ».On ne sait comment ils sont allés dénicher ces chansons peu connues pour la plupart mais qu’ils interprètent avec une sérieuse drôlerie et énormément de talent.

Laurent Pelly signe une mise en scène légère et raffinée, pianos, contrebasse et batterie se déchaînent dans un jeu complice, les chanteurs se font comédiens, danseurs, et utilisent leurs voix comme de véritables instruments, leur numéro de chasse à courre notamment est irrésistible, Le chant d’allégresse de Pierre Dac sur une musique de Chopin ou L’Alcoolde Francis Blanche sur la Rhapsodie Hongroise de Listz, de haute volée.

Les voix très différentes se mêlent parfaitement et chacun joue de sa tessiture avec brio : Fabienne Guyon, voix lyrique, l’utilise avec humour dans J’peux pas monter, tandis que la voix grave (extraordinaire) de Florence Pelly fait merveille dansLe chasseur de Michel Delpech.On retrouve ainsi avec plaisir l’univers d’un humour décalé deNougaro, Jean Constantin, Boby Lapointe, Pierre Dac, Francis Blanche,Boris Vian, Raymond Devos et biend'autres. Leur interprétation des chansons connues réussit à faire oublier l’original : Saucisson de cheval, L’homme de Cro-magnon ou encore Zorro est arrivé !

Ça swingue, bien sûr, mais ça peut aussi être subtil, parfois poétique ou nostalgique, sans jamais se prendre au sérieux.C’est une grande bouffée d’air frais qu’ils nous envoient, souvenirs d’une époque qui savait rire et se moquer sans méchanceté de ses défauts. Bref, on en sort le sourire aux lèvres, avec un seul regret : que ce ne soit pas plus long !

Il reste certainement encore d’autres trésors à découvrir, alors à quand Souingue, souingue, souingue ?

 

LE PRINCE ET LE PAUVRE

 

Si un roi n’est rien sans couronne, un homme n’est rien sans cœur…

En 1882, Mark Twain écrit « Le Prince et Le Pauvre ». Ludovic-Alexandre Vidal, auteur du livret et Julien Salvia, compositeur,en font une adaptation pour la scène très réussie. Tout en respectant l’œuvre originale , ils ont su imprimer leur marque. Bien que très jeunes tous deux (mais on le sait, la valeur n’attend pas le nombre des années), ils présentent là leur troisième opus, après Révolution en 2004 et L’Homme qui rit en 2005.

La langue est belle et la musique, très travaillée, (les chœurs notamment sont magnifiques), réjouit l’oreille. On ne s’ennuie pas une minute, d’ailleurs les enfants présents, captivés, n’ont pas bougé alors que le spectacle dure plus d’une heure.

L’histoire nous emmène à Londres, en 1546. Un enfant pauvre, Tom Canty et le jeune prince Edouard Tudor, qui se ressemblent énormément,vont échanger leurs identités afin de vivre chacun leurs rêves. Cela entraînera bien des mésaventures.

La distribution est parfaite.Ils sont huit sur scène à interpréter plusieurs rôles avec une sincérité et unepassion communicatives : les émotions « passent la rampe » selon l’expression consacrée. Les scènes comiques et celles plus dramatiques s’enchaînent parfaitement et dans la salle, les sentiments sont bien là et on les éprouve qu’on soit enfant ou adulte.

Quelques interprètes se détachent du lot.Rachel Pignotapporte toute sa tendresse au rôle de la mère dans des séquences particulièrement émouvantes. Robert Aburbe est quant à lui un véritable phénomène. Qu’il interprète le terrifiantpère de Tom, l’humble cabaretier, un garde ou encore le digne archevêque de Canterbury, il joue de son imposante stature avec maestria, donnant vie et épaisseur à tousses personnages.Un petit bémol : Anthony Fabien est plus chanteur que comédien. (Les petites filles dans la salle l’ont apparemment reconnu à son entrée en scène). Son jeu demande à s’affiner, il paraît un peu en deçà des autres lorsqu’il joue mais c’est vrai qu’on oublie vite ce léger défaut dès qu’il chante, la voix est réellement magnifique.Une autre m’a particulièrement emballée, celle de Maxime Cohen, superbe voix de basse qui donne toute sa prestance à Lord Hertford.

Julien Salva assure une mise en scène rythmée et colorée. Voilà du vrai spectacle vivant, rien n’est factice, les interprètes chantent en direct, accompagnés d’un simple piano (bravo à Caroline, la pianiste, une vraie virtuose), pas d’esbroufe inutile, et ça fonctionne. On sent le plaisir réel qu’ils éprouvent tous à interpréter cette œuvre, spectacle qui vaut largement les grosses productions hyper médiatisées.

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www.leprinceetlepauvre.com

 

LE JOUEUR

 

Au pays de l’argent roi

Le joueur est le deuxième opéra de Serge Prokofiev, inspiré par le roman de Fiodor Dostoïevski composé en Russie en 1916, revu à Paris en 1928. Il est considéré comme le premier opéra contemporain dans le sens esthétique, harmonique et scénique du terme, conçu au vingtième siècle.

L’action se déroule en Allemagne, dans une ville d’eau imaginaire qui s’appelle Roulettenburg où l’on trouve un petit monde de personnages obsédés par la roulette, le gain facile et rapide. Parmi eux, le Général, un russe presque ruiné qui spécule sur la mort à venir de sa grande tante pour se refaire ; laquelle, Baboulenka, personnage haut en couleur, autoritaire et sarcastique, venue remettre de l’ordre dans sa famille et glissant elle aussi dans la passion du jeu , finira dans la déchéance, perdant tout ce qu’elle possède ; s’y greffe une histoire d’amour tourmentée, compliquée, passionnée, entre Alexeï, jeune aristocrate désargenté et Polina, la jeune belle-fille du général, une jeune femme entourée d’hommes qui ne pensent qu’à obtenir ses faveurs à prix d’or avant de la laisser froidement tomber. Chaque personnage tient l’autre, et l’amour, le prestige, l’honneur sont broyés au moulin de l’intérêt.

L’action a été transposée de nos jours comme nous le font immédiatement comprendre les costumes, d’ailleurs particulièrement réussis.

La musique est de prime abord assez déconcertante: de brefs motifs se succèdent rapidement sans tonalité définie. On est loin des musiques de Verdi. Ici, pas de grands airs qu’on a facilement dans l’oreille. Dans cet opéra, c’est l’orchestre qui prend le pas sur les chanteurs ; Kazushi Ono obtient de ses musiciens des envolées sauvages, des syncopes surprenantes, rythmées par des cuivres tonitruants et des percussions flamboyantes. Il faut bien ça pour soutenir le parlando auquel sont astreints les solistes la plupart du temps, leur partition ne comprenant pas de ligne mélodique perceptible. Véritable tour de force auquel se livrent les interprètes, notamment l’athlétique et infatigable ténor Misha Didyk dans le rôle interminable d’Alexis ! Bravo également à la pétulante intervention de Marianna Tarasova en Baboulenka possédée par le démon du jeu au point de perdre en un soir toute sa fortune. Sublime tableau final, où le jeune Alexeï ruine le casino à force de chance insolente à la roulette et où la musique de Prokofiev s’envole en un scherzo implacable.

Dans la première partie avant l’entracte, si on ne s’ennuie pas vraiment, on n’éprouve aucune frustration particulière à quitter de temps à autre le spectacle des yeux pour lire le sur titrage, le retour du regard vers la scène ne donnant jamais l’impression d’avoir subitement manqué quelque chose. Après l’entracte, la scène s’anime enfin grâce essentiellement au général qui finit dans un total délire. On entre ensuite dans la spirale infernale du jeu proprement dit. Le Casino, avec un nombre impressionnant de figurants, offre une scène à des échanges encore plus brefs, aux exclamations d’une multitude de personnages qui ne sont plus que les ombres d’un théâtre tragique. C’est vivant, enjoué, là, on est enfin pris dans l’action. Le duo final entre Alexis et Pauline, fiévreux et glacial, crée, il était temps, l’émotion.

Le monumental décor est astucieux. De grands panneaux vitrés laissent apercevoir des scènes dans d’autres pièces de l’hôtel, courtes pantomimes muettes venant éventuellement clarifier le propos de l’action principale : préparation d’un mariage, rupture entre Polina et le marquis, ballet des serviteurs. Ils coulissent au gré des différents lieux où se situe l’action.

Dans cette histoire où chacun cherche à duper l’autre en l’humiliant publiquement,il n’est pas facile de s’identifier à de telles marionnettes malfaisantes que domine seulement l’amour de l’argent. Mais la mise en scène, sensible, parvient derrière le cynisme et la grossièreté de chacun, à révéler la blessure secrète qui transforme ces monstres en créatures pitoyables. Le travail d’une rare précision sur le geste et la mimique transforment cet opéra réputé difficile en polar psychologique d’une remarquable actualité à une époque comme la nôtre où l’argent n’en finit pas de faire trembler les boursicoteurs de tous ordres.

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www.opera-lyon-.com

 

 

 

LADY IN THE DARK

 

Mon Dieu, quel plaisir!

Quel plaisir que d'assister à un pareil spectacle où le rythme, l’énergie des interprètes, l'inventivité du metteur en scène emportent tout dans leur mouvement.

Rappelons brièvement l'histoire: Lady in the dark fut écrit en 1941 par Kurt Weill ((auteur de l'Opéra de quat'sous,) et Ira Gershwin (le grand frère de George Gershwin), sur un livret de Moss Hart. L'héroïne, Liza Elliot, est rédactrice en chef d’un magazine de mode. Heureuse en apparence, elle est en proie à une déprime qu'elle ne parvient pas à définir. Sur le divan du psychanalyste, elle s'évade et fait trois rêves différents qui correspondent à trois séquences de l’opéra : le rêve de glamour, le rêve du mariage et le rêve du cirque .

Kurt Weill a voulu écrire pour les trois séquences de rêves trois véritables opéras en un acte. Le monde diurne, le théâtre, l’inconscient, la musique coexistent dans le véritable numéro d’équilibriste qu’exécute pour nous Liza. La clé de l'analyse se trouve dans la musique. Il y a une chanson qui hante la mémoire de Liza, mais elle ne parvient pas à se souvenir des paroles. Le thème sert de leitmotiv à toute la pièce. On apprendra à la fin qu'elle fut chantée pour la première fois par Liza à l'âge de trois ans dans un contexte de rejet parental et d'humiliation. Quand enfin, Liza pourra chanter cette chanson (il s’agit de "My ship", devenu un standard du jazz) les choses pourront commencer à s'arranger pour elle.

Deux interprètes se partagent le rôle de Liza, l'une pour la partie parlée, l'autre pour les parties chantées, ce qui traduit à merveille la dualité du personnage et permet également des mouvements de mise en scène ingénieux. Leurs voix comme d'ailleurs celles des autres interprètes n'appartiennent complètement ni au lyrique ni à la variété, mais cette sorte de "mixité" ne m'a pas gênée dans ce contexte, l'œuvre étant elle-même tellement "hybride".

Fuyant Berlin pour l'Amérique, Kurt Weill s'était immédiatement et complètement senti américain. Dans Lady in the Dark, il s'était amusé à faire un résumé de toutes les formes qui ont constitué l’histoire de la comédie musicale américaine : la parade de cirque, la variété, le show, la revue et l’opérette.

Jean Lacornerie, le metteur en scène (et co-directeur avec Etienne Paoli du théâtre de la Renaissance à Oullins, près de Lyon) a parfaitement capté cet esprit en présentant numéros de cirque, de prestidigitateur, de claquettes ou encore héroïne qui s'envole dans les airs en une époustouflante scène de yoyo. On pourrait croire que cette comédie musicale a été écrite aujourd'hui tant le thème et les personnages paraissent actuels. L'astuce de la mise en scène la rend intemporelle: rien dans les costumes (d'une folle originalité) ou le décor (jeux de rideaux, colonnes lumineuses qui se déplacent) ne permet de dater l'histoire. Les deux mondes (réel et rêvé) s’opposent dans une construction dramaturgique savante, totalement singulière. On passe de l'intimité la plus troublante du cabinet de l'analyste à l'exubérance généralisée dans les bureaux du magazine et puis tout à coup s'ouvre avec la musique l'espace du rêve et du fantasme .

On oscille sans cesse de la vie « réelle » représentée par le théâtre parlé, construit dans une grande sobriété de jeu, de décor et de costumes, au rêve représenté par la comédie musicale où la folie s'empare de la scène, dans une débauche de mouvements et de couleurs.

Le coup de génie de Moss Hart et d'Ira Gershwin, c'était d'avoir fait d’une quête analytique une formidable comédie musicale, surprenante, riche, rythmée où tout finit loin du divan. Comme Woody Allen le fera des années plus tard, ils ont traité de la psychanalyse sur le mode léger.

Le coup de génie de Jean Lacornerie, c'est d'avoir proposé cette création en France avec le partenariat de l'Opéra de Lyon. En effet, en 1941 quand l'oeuvre a été créée à New York, personne ne s'y était intéressé en France… Ensuite les admirateurs de Brecht ont tenu le haut du pavé, et tout ce que Weill avait fait sans lui est passé dans l'ombre. Merci donc à Jean Lacornerie de nous avoir permis de découvrir cette œuvre qui nous parle de psychanalyse, mais aussi de liberté, de souffrance, de quête de soi avec humour et légèreté.

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http://www.classiquenews.com

 

 LA VIE PARISIENNE

 

Moderne ou classique ? Voilà la question !

« La vie parisienne » d’Offenbach, est remise au goût du jour par la mise en scène moderne de Laurent Pelly. Cela suffit-il à lui redonner une nouvelle jeunesse ?

Dès le lever de rideau, on entend des murmures surpris monter de la salle. En effet, oubliés les décors classiques, envolés les costumes d’époque ! Des personnages en jeans, baskets ou encore portant des sacs à dos traversent la scène dans une grande agitation. Un escalator trône au centre de l’espace, voitures et fourgonnette de service occupent le plateau. Les employés de la ligne de l’Ouest arrivent portant une banderole. Le premier acte va être ainsi émaillé de références actuelles proférées par la voix de la SNCF : loi anti-tabac, manifestations de grévistes, fouille des voyageurs « au faciès ».

Laurent Pelly signe là son neuvième Offenbach en dix ans, c’est dire s’il connaît son sujet. Son délire facétieux se donne libre cours et les trouvailles abondent. Les intermèdes orchestrés par la chorégraphe Laura Scozzi sont désopilants et de la même veine actuelle : CRS, éboueurs, jet-setters se bercent d’illusions dans un monde de faux-semblants dans des ballets complètement décalés.

Les quatre décors sont époustouflants, celui du loft étant particulièrement réussi. La distribution est inégale : si le baron (Laurent Naouri) et Métella( Maria Riccarda Wesseling) sont excellents, le Brésilien (Jésus Garcia) manque singulièrement d’abattage et réussit à rendre inaudible le célèbre :" je suis brésilien, j’ai de l’or." La pétulante Gabrielle (Marie Devellereau), passe avec aisance de la coquine gantière, à la veuve de colonel, pour terminer sur les épaules du Brésilien en couettes et jupette aux couleurs de l'équipe de foot du Brésil. Dommage que parfois la voix s’étouffe.

Critique du clinquant, du culte de l’argent facile, des apparences trompeuses, la pièce est toujours d’actualité. Fallait-il pour autant en rajouter ? Suffit-il de créer une employée de la SNCF mangeant des hamburgers et faisant des sudoku pour que l’intrigue colle à notre époque ? Par un effet de contraste, les défauts habituels de l’opérette ressortent encore davantage : intrigue pratiquement inexistante, pauvreté du livret.

Heureusement, dans ce genre de spectacle, reste la musique, surtout quand elle est signée Offenbach, aussi pétillante que du champagne et qui fait oublier l’indigence des paroles. Mais là encore, la mise en scène, pour originale et inventive qu’elle soit, gomme un peu du coup la fougue des morceaux. A part à la fin du troisième acte, où les mouvements de la table ajoutés à celui des convives créent un tourbillon endiablé, le reste parait un peu mou.

Le final est décevant : on est loin de voir souffler l’envolée du célèbre can-can : raccourci, sans les célèbres jupes à volants et loin de la chorégraphie habituelle, il n’a plus aucun panache.

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http://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Pelly

 

 

 LA BELLE HÉLÈNE

 

Aimer ou pas ?

Offenbach, dans La Belle Hélène, se livrait à une parodie de l’Antiquité gréco-latine. Philippe Ermelier propose , lui, un pastiche d’Offenbach ! Qu’allait donc donner cette parodie de la parodie ?

Anachronismes, contrastes entre le sérieux habituellement associé aux thèmes antiques et des expressions prosaïques ou familières ont toujours été la base de ce genre.Le texte original est déjà bien loufoque mais Philippe Ermelier a l’esprit inventif. Il trouve donc à en rajouter : Hélène, devenue une «First Lady», rêve de machines à laver, de confort, d'un amant, d'une bonne espagnole, parle de chirurgie esthétique et se fait un masque au concombre. Le cochon du sacrifice fait l’ouverture, tire le rideau et va chercher les acteurs. Les chorégraphies sont modernes, parfois limite tectonique, sur fond d’allusions à Claude François et aux incendies en Grèce. Bref, l’action se déroule dans un joyeux désordre, émaillée d’expressions argotiques,entraînée par la bonne humeur des interprètes. C’est décoiffant, complètement déjanté et de plus accompagné par une pianiste enjouée et très gaie (excellente Akémi Souchay Okumura) qui n’hésite pas à participer et à se mêler de l’action !

Mais, trop, c’est trop : quelquefois,les jeux de mots frisent le ridicule, la mise en scène est un peu brouillonne et l’ensemble, même s’il est sympathique, manque un peu de finesse.Et,il faut bien le reconnaître, dans l’ensemble, les comédiens ne sont pas des chanteurs et les chanteurs ne sont pas comédiens. À part quelques (rares) belles voix, l’ensemble est assez moyen et la distribution souvent loin d’être crédible. Heureusement,leur enthousiasme fait oublier leurs imperfections. C’est vrai, on est loin des belles voix de l’opéra, mais leur force, c’est qu’ils ne se prennent pas au sérieux.Car ça fourmille d’idées, l’ambiance est chaleureuse, on rit beaucoup, et l’on sent bien que chacun sur scène se donne à fond. Ça change des spectacles académiques et heureusement la partition est respectée à 90%, et l’on retrouve avec plaisir les airs célèbres.

On est plus dans un style cabaret qu’opérette, mais on passe un bon moment malgré les imperfections .Même si par instant on éprouve la curieuse impression d’assister au spectacle de fin d’année d’une troupe amateur.

Au final, on en sort assez troublé, sans vraiment arriver à démêler si on a aimé ou détesté !

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http://pagesperso-orange.fr

 

 

DRACULA, ENTRE LA VIE ET LA MORT

 

Un spectacle musical vampirisé par la technique

Bruno Pelletier (Johnny Rockfort, Jimmy et Gringoire dans les comédies musicales signées Luc Plamondon) s’est attaqué à la légende de Dracula qu’il a réactualisée. En 2050, le noctambule comte retrouve en une ravissante militante altermondialiste l'épouse qu'il a perdue, il y a 500 ans.

Dès le début, c’est la grosse machinerie : voix d’outre-tombe, décors en vidéo, sono à la limite de la saturation rendant parfois les textes incompréhensibles. Les chansons se succèdent sans que l’on puisse avoir une quelconque idée de l’histoire qu’elles sont censées raconter. Les décors (simples : un escalier et une passerelle) deviennent spectaculaires grâce seulement aux images projetées, les voix annoncées comme les plus belles du Québec le sont à condition d’aimer le formatage variété française actuelle, elles se ressemblent toutes, les femmes sont toutes des Céline Dion et les hommes des Bruno Pelletier, on peine d’ailleurs à reconnaître les personnages. C’est froid, sans âme.

La gestuelle grandiloquente rend certaines scènes ridicules, à la limite du grotesque. Tout fait penser à un film parodique de fantastique, mais malheureusement, là, ça se prend au sérieux. Des applaudissements polis saluent quelques prestations. Le final n’est pas mal trouvé, le héros tend le bras, une explosion, scène dans le noir, projos éblouissants dans la salle. Il était temps !

Est-ce là ce qu’on considère maintenant comme du spectacle vivant ? Le décor est projeté, la musique est enregistrée, autant aller au cinéma. Où est le travail des décorateurs cherchant à recréer une ambiance, une époque, en construisant du rêve ? Où sont les musiciens jouant avec toute leur âme, rendant la musique vivante et non froide et impersonnelle ? Où est le scénariste qui crée une histoire avec un début, des péripéties, une fin qui se suffisent à eux-mêmes, la technique étant à son service ? Là on a l’impression que la surenchère de moyens (vidéos, jeux de lumière) est l’essentiel.

Le but premier de tout spectacle est de susciter des émotions. Or ici, la seule que l’on puisse éprouver, c’est l’ennui.

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http://www.zone3.ca/dracula

 

 

À LA RECHERCHE DE JOSÉPHINE

 

Osez, osez Joséphine

Jérôme Savary est un formidable homme de spectacle,saltimbanque depuis l’époque du Grand Magic Circus. Avec « A la recherche de Joséphine », il donne-là peut-être le meilleur de ses spectacles.

Plus que l’histoire de Joséphine, c’est un hymne au jazz et au music-hall, sur fond d’évocation de l’épopée du peuple noir. Ce Savary-là nous embarque dans un tourbillon, qui nous raconte, avec en toile de fond l’histoire du jazz, de l’esclavagisme et de la ségrégation des noirs en Amérique, le négro spiritual, le blues, la salsa, le flamenco, le boogie en même temps que l’ascension de la petite Cindy, rescapée du cyclone Katrina, venue recréer à Paris le mythe de Joséphine Baker. Cela fait sans doute beaucoup de thèmes pour un même spectacle, sans oublier le message de fraternité que l’auteur veut faire passer et casse un peu l’unité du récit. Mais peu importe.

Pendant deux heures, c’est une frénésie de rythmes, de corps, de mélodies avec des musiciens ultra doués et des danseurs venus des quatre coins du monde. Dans un mélange des genres éblouissant, ces jeunes artistes jaillissent sur scène, dansant tantôt du hip-hop tantôt des claquettes, (remarquable !) au son d’un percussionniste vénézuélien étourdissant et d’un orchestre endiablé. On ne voit pas le temps passer ! On retrouve tout ce que qu’on aimait dans le Grand Magic Circus : la fougue, la virtuosité, l’impertinence, le politiquement incorrect, le talent, et toujours cette simplicité qui fait que le public adhère spontanément.

Nicole Rochelle s’impose avec toute son énergie malicieuse et sensuelle comme une « sacrée héritière » de Joséphine ; beau physique, jolie voix de soprano, drôle, expressive, jambes sublimes, corps souple qui se déhanche, yeux qui roulent, vive, espiègle, la jeune artiste américaine s’inspire de son modèle davantage qu’elle ne l’imite. Elle réussit avec brio le passage des figures imposées, comme la reprise de The Man I Love et le port de la miniceinture de bananes. Qu'elle reprenne "Ma Tonkinoise, C'est lui ou l'éternel J'ai deux amours," descendant le fameux escalier du Casino de Paris, elle donne au spectacle de Savary un coup de jeunesse et de fantaisie.

Autour d’elle une dizaine de danseuses et danseurs mettent la barre très haut évoquant la prestigieuse revue nègre. Les costumes sont magnifiques : robes pailletées, tailleurs façon Poiret des années 20, tout y est. Derrière eux, les images défilent, décor mouvant : images du cyclone, de Martin Luther King ou du Ku Klux Klan, elles composent des tableaux saisissants. Petite apparition de Jérôme Savary dans « J’ai deux amours » qui permet à la chanteuse de « roucouler » comme savait si bien le faire Joséphine, et prestation finale dans laquelle il raconte le plaisir qu’il a de retrouver cette salle, qu’il a bien connue du temps qu’elle s’appelait « Théâtre du Huitième » et où il a passé quelques années.

Plaisir amplement partagé.

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www.laboiteareves.fr