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© Guillaume Citroën
Je suis ce que je suis …Je suis faite comme ça !
C’est en citant le poète Jacques Prévert que l’on peut décrire le personnage excessif, vindicatif, décapant et déchirant que campe avec virtuosité Alex Pandev sur la scène de la Comédie de Paris depuis le 2 juillet. Cet auteur, actrice et chanteuse, créatrice de la pièce à succès « Happy Hanouka », aux allures de femme au bord de la crise de nerf, a en effet l’étoffe et la corrosivité d’un personnage sorti tout
droit des films d’Almodovar…
On pardonne tout à cette jet-setteuse véritablement garce,
abîmée par la vie, par ses frasques et par ses rencontres, et à cette femme-panthère, cauchemar des épouses rangées et fantasme caché des maris frustrés, laquelle a atterri un soir, seule et sans repère, dans un club ringard . Comme elle s’y ennuie à mourir, elle décide alors de passer sa nuit à boire tout en passant en revue mais aux couteaux, ses amants, ses amies, ses manques, ses désirs, ses peurs et ses folies, le tout avec une férocité et un narcissisme sans limite. Ce personnage très féminin aux allures
de star déjantée, habillé en Courrèges donne ainsi à chacune de ses relations passées autant de coups de griffes qu’elle a vécu de son côté de déceptions, de frustrations et de solitude ! Ce cri de la fourrure, à l’affiche jusqu’en octobre 2009 et mis en scène avec intelligence par Agathe Bergman, soutenu par ailleurs par le designer de talent Christophe Pillet, ne vous laissera pas indifférent, tant le magnétisme, le jeu tragicomique et le registre dramatique très étendu de l’actrice est fascinant et plein de
tiroirs ! Cette interprète d’un nouveau genre nous réserve sans mentir quelques perles peu communes dans le monde du one woman show! Oui, Alex sait séduire son public qu’elle entraîne sur des montagnes russes au gré de ses confidences acidulées et sans tabou, à la fois désopilantes et sarcastiques. Cette auteur et comédienne aux multiples facettes fait preuve dans sa nouvelle création d’une exceptionnelle originalité et nous montre la parfaite maîtrise de son art : celle de savoir écouter les cris de son intimité
marquée par les épisodes sombres de la vie. C’est ainsi que sa voix grave et sensuelle à la langue acérée nous assène des vérités dans un style aussi fielleux qu’il en révèle les recoins les plus noirs de notre être. Et pourtant tout ceci est bourré de tendresse et de quête d’absolu, celle d’une femme à la recherche perpétuelle du bonheur …
Safia Bouadan
Voir l'interview d'Alex Pandev
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