LE BARBIER DE SÉVILLE

 Il barbiere di Siviglia de Gioacchimo Rossini

Théâtre du Châtelet

2, rue Edouard Colonne, 75001 Paris

T.01 40 28 28 40  

 

Une soirée inoubliable à l’Opéra du Châtelet !

 

Cette création  du Teatro Real de Madrid en coproduction avec le Teatro Nacioanl de Sao Carlos de Lisbonne n’a pas fini de faire parler d’elle ! Avec quel enthousiasme, le Barbier de Séville issu du  livret de Cesare Sterbini inspiré de la célèbre œuvre de Beaumarchais a-t-il été accueilli hier soir au Théâtre du Châtelet ! Ce magistral opéra dirigé par le  grand Jean Christophe Spinozi et mis en scène avec brio par Emilio Sagi, assisté pour la chorégraphie par Nuria Castejon, a littéralement soulevé des salves d’applaudissements et des piétinements d’impatience. Après plusieurs rappels et pour la première fois à l’Opéra, le chef d’orchestre  venu saluer et remercier sa troupe, a fait un bis. Cela a commencé avec ses claquements de pieds à la Sévillane suivis par les danseurs et chanteurs. Il a alors dirigé de la scène ses musiciens autant que les acteurs .Il a même fini par le faire sans sa baguette , avec une générosité, un enthousiasme et une spontanéité qui ne nous ont pas laissé indifférents .

L’histoire : Figaro un barbier reconnu à Séville va œuvrer aux épousailles d’un jeune comte –le comte Amalviva alias Lindor- qui doit de son côté tirer des griffes d’un tuteur abusif et jaloux , le docteur Bartolo , une jeune ingénue du nom de Rosine  dont il est éperdument épris.

Tout y était parfait :  une magnifique harmonie d’ensemble avec une direction d’orchestre et vocale parfaitement soutenue, une mise en scène et une scénographie fines et enveloppantes, tout autant que colorées et fantasques.La  distribution des personnages est extrêmement bien choisie avec un comte Amalviva ,Lindor, des plus élégants à la voix au timbre riche  et velouté, excellent  Bogdan Mihai.  Anna Stéfany dans le rôle de Rosina possède  quant à elle parfaitement la maîtrise de ces fameuses vocalises rossiniennes . C’est aussi pour la cantatrice  un véritable morceau de bravoure lorsque s’ajoute notamment dans le fameux air de Rosine- la cavatine  « Una voce poco fa »-l’exigence d’une mise en scène dramatique toute en nuances, aux accents  tour à tour tragiques ou légers. Figaro joué par Bruno Taddia nous transporte par ses facettes bouffonnes : il est aussi agile dans sa voix que dans ses facéties. Quant au terrible et brusque tuteur, Bartolo- interprété par l’imposant Tiziano Bracci- ici encore la performance  vocale est aussi en parfait accord avec celle dramatique. Les rôles de Don Basilo-Nicolas Courjal-,Fiorello-Christian Helmer-, Ambrogio-Félix Calvarro Dominguez- sont très bien soutenus par ces chanteurs à la dramatique assurée. Il est à noter particulièrement le charisme de Giovanna Donadini qui dans le rôle de Berta se distingue par sa riche palette comique, son aisance et son amplitude vocales.

Tous sont bien distribués et le chœur d’ensemble Matheus mêlé à celui masculin du Châtelet nous enchante par sa beauté. Les décors de Llorenç Corbella sont époustouflants, tant dans le raffinement que dans le déploiement de ses couleurs vives et chatoyantes. Les costumes imaginés par Schussheim sont d’une véritable recherche basée sur des noirs et des blancs savamment assortis à la scénographie .Les lumières tamisées et ourlées d’Eduardo Bravo sont de plus un régal pour les yeux. Bref, une équipe artistique qui excelle dans l’art de nous plaire.

Tout y est beau, élégant et sautillant ! Une  soirée Opéra vraiment très réussie  dont on parlera longtemps.

 

Safia Bouadan