Felix SABAL LECCO, Khalil MAOUENE et Aurélie KONATÉ

Interview de Felix Sabal Lecco, Khalil Maouene et d’Aurélie Konaté réalisé au Théâtre de la Reine Blanche le 14 novembre 2009.

 

Regarts : Bonjour Félix ! Tu es actuellement depuis le 18 septembre à l’affiche de Tismée , un spectacle musical qui parle du racisme et de la discrimination, avec Aurélie Konaté et Khalil Maouene. Hors, tu n’es pas forcément acteur de formation, comment cette aventure est venue à toi ?

Felix : Oui, l’aventure est venue à moi car j’ai connu Rubiah Matignon, notre metteuse en scène, sur un spectacle qui s’appelait » L’Archange » avec Antony Cavannagh où je joue un rôle de batteur.

R : Tu es batteur pour Prince, Sting, Manu Di bango … ?

F : Oui, c’est mon métier mais je ne suis jamais satisfait de moi. J’ai toujours l’impression que je débute et je suis toujours en quête de perfection .Mais du coup, cela m’aide à être plus ambitieux. –rires-. Puis j’ai voulu apprendre le métier de chanteur, grâce à Manu Di Bango d’ailleurs et d’abord timidement. J’ai remplacé le chanteur Bonga et j’ai travaillé sur la comédie musicale « Jo et Joséphine » mise en scène par Rubiah, avec un rôle de batteur mais j’avais aussi quelques répliques. Rubiah m’a proposé le personnage dans Tismée. Elle m’a dit que le rôle avait été écrit en pensant à moi, qu’on avait beaucoup écouté ce que je disais ...Alors je leur ai dit : « Bon on va  voir ! »

R : Bruno Fougnies est l’auteur du livret et justement, il existe une parfaite similitude avec les personnages que vous incarnez sur la scène et avec ce que vous êtes dans la vie Aurélie, Khalil et toi ?

F : Oui ! Je ne sais pas comment il a fait Bruno. Un jour, on rentrait de voyage, je conduisais et j’ai beaucoup parlé et Bruno s’est inspiré de cette façon que j’avais de raconter les évènements…A ce point que tout le monde me demande si c’est moi qui ait écrit ! J’ai juste écrit ma tirade amoureuse et philosophique …-Il déclame-

- rires-

R : On retrouve une certaine fidélité au livret : vous ne jouez pas, vous êtes. Ces trois personnages sont un reflet de l’Afrique avec ses contradictions, ses amours, ses espoirs et ils sont tous les trois, dans cette quête d’avoir leur place comme citoyens du monde. Qu’en penses-tu ?

F : Je suis comme un chauffeur qui conduit ce message et je suis juste un petit support sur lequel se base une pensée d’une certaine communauté. Avant qu’on me présente cette pièce, je n’y pensais pas vraiment, mais depuis que j’ai commencé à lire ces textes,  je me suis impliqué vraiment d’une autre manière. C’est étrange car je suis africain et j’ai subi le racisme en France mais moins qu’aux Etats Unis ou dans d’autres pays comme l’Angleterre, l’Italie ou en Allemagne…Je parle sur scène maintenant du racisme, du métissage alors que dans les conversations, je ne l’évoquais jamais !

R : Ce spectacle Tismée est un moyen pour toi d’évacuer ce problème que tu as rencontré, de répondre à ce questionnement : « pourquoi ai-je vécu le racisme » ?

F : Oui, je n’y avais jamais pensé avant. C’est bien d’être un bon batteur qui joue avec des célébrités, qui gagne beaucoup d’argent et qui voyage dans le monde mais il ne faut pas perdre de vue le fait que je suis un étranger. Même chez moi en Afrique, j’en suis un.

R : Tu viens de quelle région d’Afrique de l’Ouest, du Cameroun plus exactement ?

F : Ma mère est Boulou, c'est-à-dire du Centre Sud à la frontière camerounaise, un peu comme Emile Abbo Solo, comme Georges Seba. On n’est pas beaucoup de Boulous artistes, en France. Mon père est plutôt de l’est du Cameroun, il est Berthois –c’est musulman et cela se situe sur la route qui va au nord du Cameroun limitrophe au Congo, à l’Empire Centre Africain...J’ai grandi plus du côté de chez ma mère : du côté de l’est, chez Les Képérés et les Berthois qui ne sont pas connus même parmi les camerounais. J’ai d’ailleurs appris que Richard Bona était de l’Est alors que je pensais qu’il était de Douala. Cela me fait drôle car les musiciens de l’est sont très peu nombreux !...

R : Tu es le compositeur de certains titres de Tismée que tu chantes en africain. As-tu travaillé avec Julie-Lua Jù la parolière- ?

F : Non je n’ai jamais travaillé avec elle : en fait, les chansons sont de moi, texte et musique. J’ai écrit ces titres en camerounais, dans la langue de ma mère, le boulou, même les titres sur lesquels Aurélie danse. Je parle dans mes chansons de ma mère et de mon pays, d’une terre qui est loin…

R : Que voudrais-tu que le public retienne de Tismée ? Quelle trace veux-tu laisser de ce spectacle ?

F: J’aimerais que les gens en France qui viennent voir cette pièce s’intéressent plus à ce genre de problème, qu’ils prennent conscience de certaines choses.

R : Merci Félix, ton complice sur la scène, Khalil, vient de nous rejoindre à l’instant.

Arrivée de Khalil Maouene

R : Bonjour Khalil. Tu es aussi à l’affiche pour Tismée. Comment s’est faite pour toi la transition entre le musicien que tu es et ton entrée dans le monde de  l’actorat dans lequel tu débutes ?

Khalil : Bonjour Safia. Déjà, c’est un cadeau qui a été fait par Rubiah et Aurélie Konaté qui ont pensé à moi pour ce rôle. De moi-même, je ne suis pas sûr que j’aurais fait ce chemin là mais je suis très content de l’avoir fait au final car je m’amuse beaucoup et j’apprends pleins de choses et j’ai ma place dans ce spectacle Tismée.

R : Est-ce que Bruno s’est aussi inspiré de toi pour ton personnage ?

K : Justement. Au début, le personnage avait très peu de présence, de répliques et Bruno ne connaissait pas mon histoire .On a eu de très longues discussions et il s’est très largement inspiré de ce que j’ai vécu et le reste, il l’a perçu et c’est ça qui est extraordinaire. C’est son grand talent, car il est très observateur et il a réussi à mélanger nos trois histoires personnelles dans ce livret pour en faire cette histoire romancée qu’est Tismée. On n’a pas besoin de jouer.

F et K : Voilà !

K : On n’a pas besoin d’une grande technique pour ces personnages : il suffit d’être nous-mêmes. Il suffit d’avoir accès à ses propres émotions et le tour est joué…

R: Félix nous disait que ce spectacle était un moyen pour lui de répondre à ce questionnement sur le racisme qu’il a subi aussi et de ton côté, qu’en penses- tu ?

K : Non. Comme tu le disais toute à l’heure, j’ai la sensation –même dans ma vie- d’être un médiateur. Je suis le plus petit d’une fratrie de cinq enfants et déjà petit, j’ai appris à prendre le bon de chacun pour faire mon propre équilibre. Cela te permet aussi de faire ton choix même par rapport à tes parents alors que quand tu es fils unique, ils sont ton seul modèle. C’était bien pour réaliser la bonne équation pour ma vie future. Quand on était en France, on partait souvent en Algérie. Je suis du côté d’Alger-à une quinzaine de kilomètres à La Madrague-.

R : Dans le spectacle, ton personnage se plaint d’être systématiquement appelé par les siens pour faire de la musique dés lors qu’il se prépare un mariage en vue? Est ce ton cas?

K : Non je n’ai pas vécu cela mais c’est une analogie par rapport à la tradition : le poids de la famille peut être énorme surtout quand on rencontre quelqu’un : quand tu rencontres une fille ou un jeune homme, tu épouses sa famille avec ! –rires-

R : Où en es-tu avec ta tradition musicale car tu as fait l’album de Julien Clerc… ?

K : Justement on a été éduqués dans cette connaissance mais je ne parle pas l’arabe par exemple.

R : Dans quelle tranche immigrante, tes parents sont-ils arrivés ici ?

K : On est arrivés en 1979.

F : Comme moi !

K : Oui j’avais un an et demi. Mes frères et sœurs ont tous été scolarisés en Algérie. Tout le monde parlait français et arabe ; sauf moi qui n’avait appris que le français. En revanche on partait deux à trois fois par an en Algérie.

R : Suis- tu les traditions, le ramadan par exemple ?

K : Je l’ai fait pendant très longtemps mais pas l’année dernière. J’ai été éduqué dans la religion de mes parents mais cela n’a jamais fait d’interférence dans mes choix. Je crois en Dieu : il y a un métissage, un compromis de ce côté-là aussi.

R : Tes parents ont-ils bien vécu ton orientation de musicien ?

K : Parfaitement non car mes parents sont venus ici pour que l’on fasse de grandes études.

R : Comme tous les parents ?

K : En fait, mes frères et sœurs sont tous sortis de grandes filières telles que major de promo, docteur ou diplômé de MBA. Moi, je suis le mouton noir !-rires-

R : Avec Tismée, as-tu l’impression de montrer qui tu es vraiment ?

K : Oui cela m’a permis de montrer aux gens mon savoir faire. Je pense en avoir acquis un au fil des années et c’est une gratification de pouvoir le valoriser, de chanter ces chansons, d’accompagner Aurélie… Le personnage que je joue est effectivement très proche de moi donc si le public est touché, c’est un bienfait pour moi qui y ait mis beaucoup de ce que je suis.

R : A ce propos, tu es en collaboration avec Lua Jù, la parolière : comment s’est faite cette rencontre ?

K : En fait, elle est ma compagne depuis seize ans. Elle venait du Canada et je vis avec elle .On travaille ensemble.

R : D’où cette harmonie entre le texte et la musique ?

K : Oui, lorsque j’écris, elle comprend ce que j’ai mis dedans et elle écrit un truc qui correspond parfaitement et qui l’emmène même plus loin. La seule chanson du spectacle qu’elle n’a pas écrite, c’est « Mon âme cœur », parce que pour le coup, c’est la chanson que j’ai écrite pour elle. Elle est aussi une métisse, elle est d’origine irlandaise, québécoise, haïtienne et portugaise. Cette chanson est authentique en ce sens que Lua est très métissée, sans offense pour Aurélie qui vient d’arriver !-rires-

R : Merci Khalil et que voudrais-tu à ton tour que le public reçoive ?

K : Moi ce qui m’emmerde, ce sont les barrières. Tismée n’est pas un hymne au métissage à tout prix mais celui au métissage culturel et musical : tout ce que la France a apporté de plus beau! On est une force, une énergie et il suffit juste de puiser dedans ! On est là, on répond présent…

R : Donc, c’est un hymne à la diversité ?

K : Oui, c’est un hymne à faire tomber les murs et ce spectacle est bien pour ça : c’est familial, pluriculturel! Les gens ressortent heureux après avoir vu Tismée et c’est ça notre cadeau.

Arrivée d’Aurélie Konaté

R : Bonjour Aurélie. Je suis très heureuse de t’accueillir car tu es le personnage central de « Tismée » qui met en valeur le sens de ce questionnement sur le métissage. « Tismée », tu le dis dans la pièce est le verlan de « métisse ».Tu es le personnage vraiment en quête d’identité car tu ne connais pas tes racines. Dans la pièce, tu as appris de façon très brutale ce que veut dire « être tismée » ?

Aurélie : Oui dans le spectacle, j’apprends en effet qui je suis en arrivant à Paris où quelqu’un me hurle : « Eh toi la tismée, la tismée ! ».En gros : « Qu’est ce que tu fous là ?

R : Connaissais-tu ce terme Tismée ?

A : Personnellement, oui car j’ai grandi dans une banlieue chaude comme on dit. Donc le langage de la rue, le « verlan » m’était familier. Mais souvent, on m’appelait « chabine » car j’ai la peau très claire. Je sais que je suis métisse, donc je suis la métisse.

R : Tu  es un personnage qui est à la fois naïf, innocent mais qui est aussi  philosophe : elle essaie de réfléchir sur ce qu’elle est, sur son existence, sur le sens de ce qu’elle vit. C’est elle qui pose les questions à ces deux hommes protecteurs  qui l’entourent dans Tismée et elle les fait réagir. Est ce que tu connaissais déjà Bruno Fougnies avant ?

A : Bruno me connaissait car j’avais déjà travaillé avec Rubiah Matignon sur « Jo et Joséphine » et il a  appris à connaître Aurélie Konaté –il n’était pas auteur sur ce spectacle-.Il a connu ma vie, ce que je suis et dans Tismée, ce personnage est à la fois proche de moi, en ce sens où c’est quelqu’un de déterminé qui se pose ces questions existentielles depuis très longtemps. Elle est décidée à avoir ses réponses maintenant,  pas après. Donc elle quitte sa famille sans les avertir. Par contre, je n’ai pas eu ce déclic là, de prendre mon sac et de partir. Bruno s’est basé sur le fait que je suis quelqu’un d’assez déterminée, d’assez fragile aussi. Quand on me connait, on voit cette hypersensibilité.

R : Ça se voit sur scène et c’est ce qui touche le public.  Notamment une chanson que tu as composée « D’un seul regard » ?

A : Oui la chanson est venue d’un coup quand Khalil a lancé des notes au piano. Quand j’ai composé en « yaourt »-c’est une technique qu’on utilise quand on  n’a pas encore le texte-, je pensais au thème où la fille cherche quelqu’un pour l’aimer pour ce qu’elle est. Lua Jù a trouvé les mots justes pour transcrire ce que j’avais mis dans la composition.

R : En quoi  te sens-tu proche de cette jeune fille qui vit le déracinement, de sa quête identitaire, de celle de ses racines familiales, de celle de l’amour aussi ? En quoi cela te correspond ?

A : En tout !-rires-Ce qui est assez particulier dans Tismée, ce sont de personnages qui ont été créés mais à partir de  personnes réelles et vraies. Mine de rien, une partie de moi est là sur scène et forcément, parfois je n’ai pas assez de recul, je le sens. Le déracinement ? Mon père l’a vécu aussi donc je me sens proche de tout ça.

R : Quelles sont tes origines Aurélie ?

A : Ma mère est bretonne de Carantec dans le Finistère et mon papa est guinéen de Conakry. Il est arrivé très jeune à Paris car là bas, il ne pouvait pas poursuivre ses études .Il a rencontré ma maman et voilà ! C’est une souffrance pour lui car il n’est pas retourné aussi souvent qu’il le voulait en Guinée.

R : Tes parents ont aussi vu le spectacle : quelles ont été leurs réactions ?

A : En fait, si j’ai toutes ces questions aujourd’hui, c’est parce que mon père ne parle pas beaucoup. Il est très pudique. Quand il a vu le spectacle, à la fin, on fait danser le public et je suis allée vers lui et il s’est levé d’un coup. Après au restaurant, il est resté en retrait mais il m’a dit qu’il avait aimé…C’est quelque chose de très fort .Ma maman a pleuré ! Je sais que c’est quelque chose qui les a touchés. Dans la vie, on a du mal à trouver les mots et c’est plus facile de faire passer des messages par la scène.

R : Tu l’as fait aussi pour ça ?

A : Oui !

R : Que voudrais tu que les jeunes des banlieues chaudes dont tu parlais, en pensent ?

A : Tout le monde a été touché d’une manière ou d’une autre : ceux qui ont vécu en banlieue ou qui sont métisses ou les autres aussi. Comme on joue avec notre cœur, cela touche beaucoup de gens et pas seulement les gens de couleurs. Le message de réflexion, de tolérance et de joie passe.

R : Aviez- vous travaillé tous les trois ensemble  auparavant?

A : J’avais déjà joué avec Félix dans « Jo et Joséphine ». Et avec Khalil , on avait collaboré sur des chansons.

K : C’est moi qui t’ai présentée à Rubiah et après c’est toi qui m’a proposé pour Tismée.-rires-

R : Comment se sont passées les étapes de travail avec Rubiah Matignon?

F : On arrive en répétition sans savoir ce que représente le travail d’acteur. On fait comme on le sent mais Rubiah nous  a corrigés au fur et à mesure –elle a beaucoup observé car nous n’étions pas des pros - Mais elle nous a laissé aussi trouver les choses car ces personnages nous ressemblent. On a apporté beaucoup de notre personnalité : elle observe, elle enlève, elle cadre …Au départ, je ne savais pas trop où on allait car je ne connaissais pas ce type de travail sur table ...

A : Elle cadre.

R : Il fallait aussi que vos personnalités restent authentiques ?

K : Il a d’abord fallu que je trouve ma place moi-même, étant débutant et ensuite avec Félix et Aurélie.

A : Ce que j’ai apprécié dans ce spectacle, c’est que j’ai eu l’impression qu’on l’a créé pour que chacun exprime des choses à sa façon. Tismée, c’est trois personnages principaux qui se rencontrent avec une vraie relation d’amour et d’amitié.

K : Le rôle avait une envergure au départ et cela me faisait peur. L’intelligence de Rubiah, c’est qu’elle a laissé les énergies se mettre en place et elle nous a mis autour d’une table .Elle a cadré !

A : Elle nous a fait confiance en nous laissant faire notre petite tambouille mais elle nous a beaucoup dirigés aussi.

K : Des fois, on se disait où ça va ? En fait, cela va bien quelque part !

R : On a deux types de metteurs en scène dans ce métier : certains sont très directifs, d’autres laissent la place à la créativité du comédien ? Rubiah Matignon fait partie de cette catégorie ?

F : Je me suis retrouvée dans ce rôle là car elle sait que je suis quelqu’un dans la vie d’un peu fou mais en même temps, je suis aussi assez profond. Elle a su le faire ressortir dans le spectacle. Bruno a bien cerné nos personnalités et il est sensible.

R : Vous portez un message universel qui n ‘est pas facile à véhiculer ?

K : Justement, c’est le bon moment. On n’a jamais entendu autant parler de codes : discrimination positive ou identité nationale. On ressort libre de tout ça avec Tismée !

F : Une amie d’Aurélie est venue avec des élèves qui ne sortent pas d’une famille d’immigrés. Ils ont eu une réflexion autre et ils ont posé des questions pertinentes. On a eu beaucoup d’enfants qui me demandaient après, si je connaissais la mère de Khalil, ou encore j’ai lu des questions sur internet du genre : « Est-ce que tu es déjà reparti au Cameroun ?… »  

A : Il y a toujours des questions après le spectacle, une curiosité.

K : A travers les chansons et le texte, ce sont des problèmes identitaires universels : avec « Etre moi », Aurélie parle des diktats de la mode, cela parle à toutes les jeunes filles qui se cherchent…Le message va donc plus loin même si on a un héritage fort par nos origines et celles de nos parents.

R : Merci à tous les trois. Votre actualité ? Vous avez quelques dates et un projet de Cd ?

A : Les gens sont en demande en tout cas ! On y pense…

R : Tu es aussi dans «  Chante » sur Fr 2 ?

A : Oui! Je joue une peste dans « Chante », la saison 2 est terminée et je ne suis que dans la saison 3, après on ne me voit qu’à la fin…

K : Je prépare mon album aussi comme auteur compositeur interprète et en anglais, style musique soul funk américaine.

F : Là, je continue comme batteur pour des artistes nationaux et internationaux mais je fais aussi mon album. Je me tourne petit à petit vers un style plus métissé depuis Tismée. Le terme « world music » est trop réducteur pour moi ici en France car on trouve bien d’autres styles partout.

R : Oui. Peter Gabriel avec Real World a créé un label de musique multiculturel qui rassemble toutes les musiques du monde, en effet. Merci à vous trois. Je sais que vous préparez une très belle route à Tismée !

 

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Propos recueillis par Safia Bouadan.