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Artistes de la comédie musicale "Le prince et le Pauvre"
Propos enregistrés et photos prises par Safia Bouadan au DELAVILLE CAFE le 9 avril
Regarts : Bonsoir Julien, Ludovic Alexandre, Sandrine et Robert !
Tous : Bonsoir
Regarts : Quand a commencé l’aventure de la comédie
musicale pour toi Julien ?
JULIEN : J’ai toujours aimé la comédie musicale, les Disney
dans mon enfance me faisaient rêver, mais c’est surtout quand j’ai vu
Les Misérables à Londres que j’ai eu un choc . À l’École Centrale j’ai pu monter
divers spectacles dont la version étudiante des Misérables , au Trianon , avec orchestre. La troupe était composée d'étudiants de l'Ecole ainsi que d'autres écoles et universités parisiennes. La même année, nous avions, Ludovic Alexandre et moi, le projet d'écrire et de monter une autre comédie musicale au théâtre de l'Ecole Centrale et dont la troupe serait composée d'élèves de l'Ecole. C'est comme cela qu'est né notre premier spectacle, Révolution.L’année d’après, on a renouvelé
l’expérience avec une comédie musicale entièrement chantée, L’Homme
qui rit.
LUDOVIC ALEXANDRE : Et pour cette seconde création, on a commencé à partager la scène avec des artistes professionnels dans le cast (Fabrice Todaro –qui avait déjà joué avec nous dans Les Misérables School Edition,,
Charlotte Filou, Yoni Amar, Guillaume Fortineau, Kevin Levy,…). Et maintenant, certains des acteurs de ses créations étudiantes de l’époque poursuivent maintenant
aussi une carrière professionnelle artistique, notamment dans le monde du
musical (Guillaume Nozach, Caroline Gaudfrin, Michaël Boivin,…).
Regarts : Comment s’est faite ta rencontre artistique avec Julien qui part bien sûr de l’École Centrale, et d’où vient ta vocation d’auteur adaptateur ?
LUDOVIC ALEXANDRE : Autant que je me souvienne, vers l’âge de onze ans, j’ai écrit mes premières chansons –texte et musique au piano -, ma première nouvelle
vers treize ans (une de quinze pages plutôt très sombre). Le gros déclic littéraire
est venu en seconde quand mon prof de français nous a donné à lire L’Homme qui rit de Victor Hugo. C’est devenu (et c’est toujours) mon livre de chevet et je me suis dit «Il faut que je fasse un jour quelque chose avec L’Homme
qui rit.»
Regarts : Quand Le musical est il entré dans ta vie ?
LUDOVIC ALEXANDRE : Hormis la radio, j’ai découvert ce genre par des chansons de Starmania au lycée. Puis,je suis parti avec mes parents aux USA en 1999 et j’ai alors vu Chicago et The Phantom of the Opera. Ce dernier a été un véritable choc et déclic artistique.
Regarts : Votre décision de monter votre première œuvre
est donc venue de votre cheminement personnel ?
JULIEN : Oui. depuis très longtemps, je voulais écrire une comédie
musicale. Je composais des chansons, écrivais des textes, mais je sentais que
j’étais moins fait pour l’écriture de mots et j’avais donc besoin de quelqu’un
avec qui partager la création. Et notre tandem artistique est né de notre
amitié et d’un concours d’éloquence à l’Ecole Centrale auquel Ludo participait.
On y donnait une phrase de Boris Vian et il fallait faire un discours éloquent
autour de cette phrase devant un jury composé notamment du directeur de l’Ecole
et d’un parterre d’avocats.
LUDOVIC ALEXANDRE : Le sujet sur lequel j’ai dû parler durant ce concours d’éloquence était : Si vous ne supportez pas vos points noirs ne vous regardez pas dans le miroir et ils disparaitront !»
Rires
JULIEN : L’École allait avoir cent soixante quinze ans et Ludovic Alexandre a décidé de faire un poème tout en alexandrins et comme dans le temps imparti, il ne pouvait pas en faire 175, il en a écrit quatre vingt sept et demi, la moitié ! Rires
JULIEN : Il a fait tout un poème, assez original...ça parlait des points noirs de la coccinelle entre autres si je me souviens bien.…
LUDOVIC ALEXANDRE : Et ça a payé puisque j’ai remporté ce concours…
JULIEN : Quelques jours plus tard, c’était le Gala de l’école. Avec ma meilleure amie Françoise, on avait décidé avant de faire comme projet de deuxième année le montage de Les Misérables School Edition. Et durant la soirée, Ludo m’a proposé d’écrire une comédie musicale ensemble. Du coup, on a fait les deux l’année suivante en version étudiante, Les Misérables et Révolution.
Tout est né comme ça et plus tard, en 2007, après réécriture, on a fait le
show case de Révolution au Vingtième Théâtre lors du Festival des Musicals de Paris, avec une troupe professionnelle, et notamment Robert.
Regarts : Robert Aburbe et Sandrine Mallick, vous êtes des interprètes professionnels du Musical. Comment s’est fait cet engagement dans le Prince et le Pauvre ?
SANDRINE : Le Prince et le Pauvre est un peu
venu à moi ! Julien et Ludovic-Alexandre sont hyper curieux , et vont très souvent voir des spectacles…
JULIEN : En fait, nous avons rencontré Sandrine par l’intermédiaire de Carine. Robert qui était coach vocal sur le spectacle.
SANDRINE : Carine est venue voir un spectacle que je jouais en duo avec Jean-Marie Rollin au Parc Floral : Rendez-vous à Broadway. Julien l’a accompagnée.
LUDOVIC ALEXANDRE :Pour le recrutement de Robert, on le
connaissait d’avant.
ROBERT : Je les ai connus grâce à la Fédération des Musicals lors de la deuxième année du festival de Béziers .J’ai auditionné devant eux comme je l’ai fait pour tous mes spectacles. Ils parlaient des Misérables et j’ai moi-même eu la chance de faire la création des Misérables avec Robert Hossein au Palais des Sports en 1980 et avec Gérard Layani, on leur racontait nos histoires sur la Révolution Française qu’on avait fait avant avec Schoenberg et Boublil, aussi Les
Misérables
aussi avec eux. Je
leur ai trouvé beaucoup de talent alors j’ai marché avec eux et j’aime beaucoup ce spectacle Du Prince et du Pauvre où je joue le rôle d’un méchant, le père de Tom Canty et Sandrine joue quant à elle notamment le rôle de la maman, donc ma femme.J’espère vraiment qu’on trouvera des perspectives pour l’étoffer et lui donner les moyens de se
développer.
Regarts : Justement, ce spectacle a commencé au Théâtre Tallia qui se trouve dans le 13 è arrondissement de Paris et qui programme tous styles de spectacles, Jeune public et Tout public ?
LUDOVIC ALEXANDRE : On est resté huit mois. On a commencé en novembre et on a fini en juin
Regarts : Comment se sont résolus les problèmes de production ?
JULIEN : Fabrice Todaro nous avait dit que Double D Productions cherchait des spectacles. Et il avait dit aussi à David Rozen de Double D Productions, qu’on avait un spectacle pour enfants, ce qu’on n’avait, pour être honnête, pas du tout au moment où nous devions rencontrer David ! On a alors choisi Le Prince et le Pauvre de Mark Twain pour l’intrigue et pour son univers très réel, au delà du conte. Un conte pour les enfants de tout âge comme le décrit Mark
Twain. On s’est
dit qu’on allait
en faire un spectacle familial ! Et puis on a commencé à construire tous ensemble le
spectacle !
Regarts : Vous avez eu une reconnaissance du public et
des professionnels, vous avez obtenu le prix des Musicals «Le Marius» du spectacle Jeune Public l’année dernière, qu’est ce que cela vous a amené comme retombées ?
LUDOVIC ALEXANDRE : Déjà, on était très content car la concurrence
était rude !
JULIEN : Ça fait énormément plaisir, pour nous, la production et pour tous les interprètes qui ont défendu le projet pendant huit mois, dans des conditions qui n’étaient pas toujours faciles.
Regarts: Comment s’est fait le saut du Tallia au 20è
Théâtre ?
LUDOVIC ALEXANDRE : On a connu son directeur Pascal Martinet
grâce au Festival des Musicals de Paris en juillet 2007 et on a signé avec Double D les représentations au Vingtième Théâtre en 2008.
JULIEN : Entre deux, On a d’abord joué au Théâtre Marsoulan, près de Nation, que Double D Productions dirige depuis maintenant plusieurs mois. On y a joué de début novembre 2008 à fin mars 2009. Et ça a plutôt bien marché là-bas !
Regarts : Vous avez d’ailleurs eu une émission récemment avec Gulli ?
JULIEN : Entre deux, On a d’abord joué au Théâtre Marsoulan, près de Nation, que Double D Productions dirige depuis maintenant plusieurs mois. On y a joué de début novembre 2008 à fin mars 2009. Et ça a plutôt bien marché là-bas.
LUDOVIC ALEXANDRE : Oui, Pariscope, Télérama, Les trois coups
et Regard en coulisse, Musical Magazine, L'Opérette ou encore le journal Sésame qui vient de paraitre en avril .
JULIEN : Sésame est un nouveau journal distribué dans de nombreux de magasins de grande distribution, consacré aux genres du jeune public et du familial. Il va y avoir dans le nouveau numéro une BD du début du Prince et du Pauvre qui va apparaître dedans. C’est Claire Gosnon, une amie illustratrice avec beaucoup de talent, qui en est la créatrice.
LUDOVIC ALEXANDRE : Et cette sortie coïncide quasiment avec le début des représentations au Vingtième Théâtre qui ont commencé le premier avril.
JULIEN : On a eu énormément d’enfants pour la première représentation. Beaucoup d’entre eux étaient venus dans le cadre de groupes scolaires.
ROBERT : Il faut quand même préciser que c’est un spectacle familial. Malheureusement, on mélange souventles cibles Jeune Public et Public familial et on impose de classer le spectacle dans l’une ou l’autre des catégories, notamment sur les sites de vente et de billetterie. Cela peut parfois causer du tort en restreignant trop le public cible. Le spectacle est vraiment pour tout âge.
LUDOVIC ALEXANDRE: Notre modèle de création familiale est un peu les
films d’animation de Disney (La Belle et La Bête, La Petite Sirène,…) ou les
grands musicals familiaux comme Oliver ! ou Annie.
JULIEN : Et donc là, on est au Vingtième Théâtre jusqu’à fin mai. On
a notamment pour la première ou seconde fois une programmation en soirée, le mardi
21 avril, qui sera filmée. Le but est de faire retomber les adultes dans leurs
rêves d’enfant. Et on constate que ce sont souvent eux qui reviennent.
Regarts : Beaucoup de vos acteurs sont par ailleurs des
artistes de spectacles tout public : Sandrine comment es-tu venue au Musical tout public comme actrice chanteuse danseuse ?
SANDRINE : Très rapidement, je suis issue de la chanson (répertoire
français et jazz) et j’ai commencé la danse et le piano toute petite. C’est par
la télé allemande, qui diffusait beaucoup de comédies musicales, quand j’ai vu
Judy Garland, que ma passion est née. Dans ma petite ville de Lorraine
frontalière de l’Allemagne, il n’y avait pas grand-chose côté spectacle
vivant ! Je suis venue à Paris après mon bac. Tout en préparant ma
Licence d’anglais à la Sorbonne, j’ai pris des cours à gauche à droite (comédie,
chant, claquettes) car il n’existait pas vraiment d’école spécialisée en comédie
musicale.Plus tard, j’ai eu, entre autres, le grand plaisir de jouer
dans Frou-frou les Bains (de Patrick
Haudecoeur) au Théâtre Daunou, un spectacle familial qui a remporté le MOLIERE
du meilleur musical.
Regarts : Merci Sandrine. Julien, Ludovic Alexandre, avez-vous des projets, ou encore celui de partir en international ? Je sais que Ludovic Alexandre a écrit récemment la version en anglais du Prince et du Pauvre ?
JULIEN : Oui. Avec Le Prince et Le Pauvre, on fait six dates au Trianon, la première semaine du festival des Musicals de Paris, du mardi 7 Juillet au dimanche 12 (à 16h30 sauf le dimanche à 15h30). C’est une très belle salle pour nous. Un nouveau décor sera réalisé si tout va bien pour l’occasion. Nous reprendrons en revanche les costumes originels créés par Morgane Olivier, Alice Duval et Tiphaine Massot. On a aussi plusieurs projets d’écriture sur le feu (théâtre
musical, chansons
de variété,…).
Sinon, récemment on est effectivement allé en Angleterre où on a eu des premiers contacts avec notamment des agents littéraires du West End.
SANDRINE : En parlant du West End, j’ai pour ma part effectué récemment un stage à Londres avec divers intervenants, des coachs et on a beaucoup travaillé l’interprétation, le placement, l’accent , l’articulation, comment dire le texte…J’ai appris un contrôle plus direct de ma voix , avec plus de précision dans l’interprétation.
Regarts : Et toi Robert, tu es diplômé de Conservatoire Supérieur d’Art dramatique ?
ROBERT: J’ai eu effectivement un premier prix de conservatoire .Le seul acteur de ma promo que je connaissais et qui soit encore dans le métier est Raymond Acquaviva…
Regarts : Pouvez vous me parler de la suite de vos projets Sandrine et Robert ?
SANDRINE : Je viens d’enregistrer un album en tant qu’auteur et interprète sur des musiques de l’accordéoniste de jazz Ludovic Beier . Le disque se nomme Lucioles et la sortie est prévue pour décembre 2009. Cette rencontre avec Ludovic Beier s’est faite grâce au label MARIANNE MELODIE, pour lequel j’ai enregistré en 2004 l’album C’est loin tout ça - Les chansons de la Libération .
ROBERT : Je continue à jouer avec le troupe dans le Prince et le Pauvre, et j’ai en préparation aussi : le conte, Noel Magique qui est une création de William Korso, dans lequel j’avais déjà joué en 2000 à L’Olympia , au théâtre de la Porte St Martin, et un autre projet de café théâtre musical «Et Dieu créa les Chiche » .
Regarts : Je vous remercie tous pour cette interview et je vous souhaite une bonne continuation dans vos projets. Rappelons que Le Prince et le Pauvre se jouera en soirée le 21 avril au 20èThéâtre et au Festival des Musicals de Paris du 7 au 26 juillet 2009. Bonne chance.
Propos recueillis par Safia Bouadan
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