KOKIA



 

INTERVIEW DE KOKIA de passage à la Cigale le 12 juin 2009, traduit du japonais et de l’anglais.

1 / Bienvenue ! Kokia,  vous effectuez votre quatrième visite en France pour notre bonheur et vous êtes en tournée actuellement pour présenter votre nouvel album Balance, sorti chez Wasabi Records, lequel est très imprégné de culture ethnique dont celte ?. D’où vous vient cette passion pour les musiques du monde ?

Kokia : L’univers celtique n’est pas vraiment relié à cet album (ndt : l’album celtique est plutôt Fairy Dance), mais  ma passion,celle du chant et de la scène, me vient de la présence des fans qui m’attendent et souhaitent écouter ma musique. Je reçois tellement d’énergie de mes fans européens à chaque fois que je les vois !

2/ Vous êtes entourée sur la scène par une formation de musiciens japonais, pianiste claviériste, guitariste, contre bassiste ainsi que d’un percussionniste qui utilise aussi des instruments traditionnels ? Pouvez-vous nous  parler des origines musicales vos complices sur la scène, du choix notamment de ce style ethnique particulièrement riche et raffiné, très présents aussi dans tous vos albums,  de ces accents divers, issus à la fois des sonorités très orientalisés ou celtiques ?

Kokia : J’essaie de choisir des musiciens et des arrangements qui correspondent à mon univers musical avant de penser à un genre musical précis ou à un arrangement en particulier.
La conclusion est que j’en arrive à croire que les percussions s’accordent beaucoup plus à mon univers que la batterie qui donne un son trop fort pour accompagner mes chansons.

3/ Votre formation vocale est très complète et cela se ressent dans votre tour de chant très lyrique car vous avez été formée aussi comme chanteuse d’opéra ? Avez-vous déjà chanté dans ce cadre ou aimeriez vivre cette expérience et partager un tour de chant avec des chanteurs lyriques internationaux ?

Kokia : Eh bien… Mon style vocal ou ma méthode de chant n’est pas quelque chose que j’ai appris de quelqu’un, c’est quelque chose de naturel, et il change continuellement. Cependant, je peux dire que cette formation à l’Opéra est vraiment une force dans mon chant.
Je voudrais dire aussi que le travail sur les chants et les compositions n’est pas une chose à laquelle j’ai besoin de réfléchir, c’est plutôt comme si cela tombait de quelque part, ou survenait de quelque part, et je ne sais pas moi même pourquoi ni comment j’y arrive.

4/ Vos parents étaient-ils eux mêmes musiciens, vous ont-ils initiée à la musique ? Etaient-ils très inspirés aussi par les musiques du monde ? Avaient-ils la même recherche que vous, et vous l’auraient-ils alors transmise petite?

Kokia : Mes parents n’étaient pas musiciens. Mais il est vrai que j’ai eu plus d’opportunités de découvrir et d’apprécier la musique et les arts que la plupart des familles. Notre famille, en particulier mes grands parents, adoraient les spectacles.

5/ Vous avez créé un langage imaginaire, pouvez nous en dire plus, vous évoquez les symboliques des nombres, le pouvoir des ondes … Le public peut-il le déchiffrer ou cela fait il partie de votre  mystère ?

Kokia : Quand j’utilise les nombres ou mon propre alphabet, c’est plus un jeu avec les mots. Parfois, je l’inclus dans mes compositions comme un code secret compréhensible pour mon public, mais ce n’est pas forcément pour exprimer quelque chose en particulier, mais plutôt pour ne pas dire quelque chose de précis.

7/ Lors de votre concert à la Cigale, vous avez partagé la scène avec un groupe « Puckfair », une formation de chanteurs et de musiciens irlandais exceptionnels, avec lesquels vous avez d’ailleurs également partagé votre dernier album Fairy Dance, enregistré à Dublin en 2009? Qui sont-ils et comment se sont créées cette rencontre et cette alchimie entre vous?

Kokia : Oui Puckfair sont d’extraordinaires musiciens, nous avons enregistré l’album Fairy Dance ensemble, et c’était une magnifique rencontre !

8/ Nous sommes tous très curieux de vous poser cette question alors voici : pourquoi ce choix de chanter pieds nus ?

Kokia : La réponse est très simple : je chante mieux pieds nus. C’est plus facile de chanter.
Vous dire pourquoi… c’est comme marcher avec de très hauts talons : cela rend la marche plus difficile… Quand je suis debout avec mes deux pieds bien ancrés au sol, cela me permet de mieux chanter.

9/ Vous êtes très tournée vers les causes humanistes, ce que l’on perçoit dans vos textes et vos échanges avec le public : vous avez d’ailleurs donné le 11 septembre 2008, un concert de charité dans une chapelle New Yorkaise, en compagnie d’un choeur de gospel. Y a-t-il eu un enregistrement de cet évènement et où peut -on le trouver? Comptez-vous mener d’autres opérations caritatives de cette sorte par la suite ? Vous avez par ailleurs soutenu les athlètes japonais pour les Jeux Olympiques d’Athènes en 2004 avec cette chanson  que vous avez composée et interprétée : « Yume ga Chikara » - (Le rêve est une force !) Ne serait ce pas un peu aussi votre adage ?

Kokia : Ce n’est pas seulement l’existence des êtres humains, mais aussi l’existence de tous qui est un mystère éternel et universel à mon sens. Je veux croire que tout a un sens dans ce monde. C’est le thème de beaucoup de mes chansons. Dans mon nouvel album « Infinity Balance » par exemple, il s’agit du thème des chansons "Sekaino owarini (at the end of the world)", and "life goes on".
L’album Christmas Gift a été distribué à New York à Noël 2008. Quelques un ont été distribués à des casernes de Pompiers, et dans certains musées, donc pas mal de gens doivent l’avoir reçus, mais ces Cds sont un présent du Père Noël, donc personne ne peut savoir vraiment… Je ne le sais pas moi-même (rire !) !
Je veux continuer ce genre d’activités caritatives, si il y a d’autres opportunités.

10/ Que signifie ces couples de mots Balance Kokia- infini-Akiko et Akiko- infini -Kokia ? Cherchent-ils à décrire cet équilibre et cette fusion entre l’infini et nous ?

Kokia : Comme vous le savez, mon vrai prénom est Akiko, et Kokia est mon nom de chanteuse. A mes débuts, il était assez difficile d’être Kokia, et parfois je n’arrivais pas à avoir un équilibre (ndt : Balance) entre Akiko et Kokia.
De nombreuses choses me sont arrivées depuis mes débuts, et je prend conscience petit à petit de ce que sont vraiment mes chansons, mais c’est très récent. Le concept de cet album est fondé sur l’acceptation que mon côté Akiko et mon côté Kokia sont deux facettes de moi-même, et de ne pas essayer de vouloir perfectionner Kokia tout le temps.
Mon sentiment est que lorsque Kokia et Akiko sont réunies, un pouvoir infini s’en dégage.

11/ Quels sont vos recherches esthétiques actuelles, souhaitez vous développer de nouvelles alliances musicales et humaines ?

Kokia : Il y a tellement de choses que j’aimerais faire. Je me demande par exemple si je ne pourrais pas vivre à l’étranger. J’aimerais essayer de vivre dans un environnement différent. J’y découvrirai certainement beaucoup de choses…

12/ Bravo encore pour cette généreuse et magnifique prestation à la Cigale. Merci beaucoup d’avoir pris la peine de répondre à cette interview, pouvez vous pour finir, nous parler de vos prochains concerts et de vos manifestations européennes ou mondiales ? A très bientôt Kokia…Arigatô !

Kokia : Je pense qu’il est important de continuer à faire des concerts en Europe, peut importe la taille de ceux ci. C’est aussi important que de chanter pour moi. De même,  je pense que délivrer des messages est aussi important que de continuer à murmurer l’amour aux gens.Venez s’il vous plait écouter les chansons de Kokia en concert et continuer à me soutenir.
Merci infiniment.

Propos recueillis par Safia Bouadan

 

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